« L’isolement » in Méditations poétiques, 1820

Objectifs : définir la notion de « Mal du siècle » et en comprendre les manifestations poétiques

Ce long poème est composé de quatrains. Le vers utilisé est l’alexandrin (recherche de solennité et de gravité).

Le recueil s’intitule Méditations poétiques : cela peut désigner des pensées exprimées sous une forme poétique, mais aussi des pensées de nature poétique

Le titre du poème est l’isolement : le terme peut désigner la mise à l’écart du poète par les autres mais aussi son retrait volontaire du monde des mortels. Le mot isolement CONNOTE la solitude, mais aussi le repli sur soi, le recueillement.

Il apparaît assez vite que le poète est malheureux : registre élégiaque : soit un registre où domine la tristesse, la mélancolie.

– 1ère pers

– champ lexical de la tristesse : v 2 « tristement », v19 « ainsi qu’une ombre errante », v 28 « un seul être vous manque et tout est dépeuplé »

– il est indifférent au spectacle de la nature qui l’entoure. Ex v 17 « mon âme indifférente »

– certains termes négatifs sont répétés plusieurs fois : ex l’adjectif « vain » au v 21 et 26/ le pronom « rien » : anaphore v 35/36 ou encore l’adjectif « indifférente ». Ces termes créent un effet de leitmotiv qui évoque une douleur lancinante. Ils suggèrent également un état persistant.

– Allitération en [s] qui donne à entendre la tristesse

– Ponctuation expressive surtout dans la seconde moitié du poème.

On constate cependant que le poète projette ses états d’âme sur le paysage.

Ex v 5 « Ici gonde le fleuve »

V § « Il serpente et s’enfonce en un lointain obscur »

V ç « ces monts couronnés de bois sombres »

On peut parler de paysage-état d’âme

Le poète multiplie les termes appartenant au champ lexical de l’ombre et de l’obscurité :

« à l’ombre du vieux chêne » v1

« coucher du soleil » v 2

« en un lointain obscur » v6

« bois sombres » v ç

« le crépuscule » v10

« la reine des ombres » v 11 qui est une PERIPHRASE pour désigner la lune.

Le poète lui-même se compare à une « ombre errante ».

Le motif de l’errance témoigne aussi de son mal-être.

Mais on discerne que le poète romantique cultive ce mal de vivre :

V 27 « Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères » : une solitude = un espace retiré

« je n’attends rien des jours » v 32 : il évacue tout espoir ainsi que le souligne le vers « Je ne désir rien de tout ce qu’il éclaire. »

Le poète aspire à quitter ce monde-là ainsi qu’en témoigne l’image de la feuille morte v 51-52. Il semble appeler la mort parce qu’il n’est pas fait pour ce monde là. Le contraste entre la lumière et les ombres signifie l’inaptitude du poète à vivre dans ce monde.

V 48 « Il n’est rien de commun entre la terre et moi ».

Il aspire à un autre monde, idée perceptible dans l’évocation du « vrai soleil ». Cf. v 38 et 37.

Ce passage semble passer par la mort.

Publicités