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"Ce vice impuni, la lecture" Valéry Larbaud

Mois

avril 2015

« Seventeen » de Kenzaburô Oé

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Seventeen de Kenzaburô Oé

seventeen.jpg                  Nouvelle d’environ 90 pages, initialement publiée dans le recueil « Le faste des morts » en 1961.

Pour ce récit Oé s’inspire de l’assassinat du chef de file du parti socialiste japonais par un adolescent, militant d’extrême droite. L’ensemble de son oeuvre a été récompensée par l’attribution du prix Nobel de littérature en 1994.

En toile de fond: Le Japon (plus précisément Tokyo) des années 60, en proie au développement de l’ultranationalisme du parti impérial. Cette nouvelle valut d’ailleurs à son auteur l’inimitié de l’extrême droite (avec menaces de mort et tutti quanti). Le Japon de ces années-là connait encore la présence des forces armées étrangères. Ses rapports avec la Corée du Sud sont en outre assez tendus.

De quoi est-il question? Le récit, à la première personne, s’ouvre sur l’anniversaire d’un ado fort mal dans sa peau, en…

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« Sensitive » de Shenaz Patel

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Sensitive« Sensitive » de Shenaz Patel, Editions de l’Olivier, 2003

« Sensitive » est un court roman qui conte l’histoire d’une enfance volée, d’une vie gâchée, et d’un basculement. C’est comme un lent cheminement vers l’horreur…une horreur qu’on s’efforce de ne pas voir venir, qu’on cherche à minimiser… une horreur que certains subissent, que d’autres semblent savourer… une horreur souvent tue, juste suggérée tant l’écriture de Shenaz, elle même sensitive, évite le pathos.
A travers ce récit, elle offre la parole à Anita, une fillette d’une dizaine d’années à peine, que les duretés de la vie ont conduit à une grande maturité. Anita connaît la misère et les injustices… mais cette pauvreté n’est rien à côté des misères psychologiques et physiques qui constituent son quotidien.
Alors, faute de pouvoir se confier, soucieuse de garder le secret et de préserver ce qu’il lui reste de mère, elle s’invente un dieu auquel…

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« Ceux qu’on jette à la mer » de Carl de Souza

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« Ceux qu’on jette à la mer » de Carl de Souza, Editions de l’Olivier, 2001Ceux-quon-jette-a-la-mer_1708

Auteur Mauricien, Carl de Souza nous embarque avec ce roman à bord du Ming Sing 23, un boat people chinois censé se rendre en Haïti. Il faut avouer que le choix de la destination laisse songeur. Haïti n’a quand même rien de l’Eldorado, même pour des Chinois à l’existence difficile. Haïti, ce n’est pas l’Amérique!!!
Ils ont pourtant dû accomplir un véritable parcours du combattant pour parvenir à se hisser sur ce navire et gagner leur place pour ce grand chemin de croix. Il a fallu se montrer patient à la New Oriental Labour Agency, débourser au passeur une somme monstrueuse… accepter de tout quitter, même ceux qu’on aime. Il va falloir ensuite résister au mal de mer, passer de longs mois au fond des cales, survivre aux maladies, aux conditions d’hygiène souvent calamiteuses et aux…

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« Le Neuvième passage » d’Ashvin Krishna Dwarka

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« Le Neuvième passage » d’Ashvin Krishna Dwarka, Editions de la Maison Noire, collection Thriller2013
Prix Jean Fancette 2013 Dwarka-1

Voici un roman mauricien d’un genre nouveau signé d’un jeune romancier prometteur, notaire de son état, et publié par une maison d’éditions tout aussi jeune.
Je n’irai pas encore jusqu’à le comparer totalement à Umberto Eco comme le fait le Dr Issa Asgarally, mais je dois dire que Ashvin Krishna Dwarka m’a totalement bluffée.

Il est des livres qui stimulent les méninges de leurs lecteurs, qui les tiennent en haleine tout en suscitant moult réflexions, Le Neuvième passage est de ceux-là. Il est des personnages attachants, que l’on veut voir réussir à tout prix et que l’on accompagne impatiemment dans leur quête, Bruce Dorian est de ceux-là. Il est des enquêtes policières qui vous changent profondément un homme, celle-ci vaut son pesant d’or. Il est de nombreux policiers ou thrillers, mais…

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« Les hirondelles de Kaboul » de yasmina Khadra, Julliard, 2002

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« Les hirondelles de Kaboul », Yasmina Khadra, Julliard, 2002 hirondellesKaboul

Je n’avais jusque là appréhendé l’œuvre de Khadra qu’à travers l’adaptation cinématographie de certains de ses romans. Je me devais donc de remédier à cette indigence et je dois dire que j’ai pris une claque. Ce roman poignant et superbement écrit m’a happée du début à la fin.
Le récit s’ouvre sur un paysage presqu’apocalyptique où « pas un rapace n’a rassemblé assez de motivation pour survoler sa proie. ». C’est dire ! Bergers et troupeaux ont disparu, ne restent que « quelques sentinelles tapies dans leurs miradors rudimentaires ». Ces terres afghanes ne sont plus qu’un no man’s land :
« Les prières s’émiettent dans la furie des mitrailles, les loups hurlent » et « le vent ….livre la complainte des mendiants ».
Mais d’autres loups règnent ailleurs, à Kaboul, « une ville en état de décomposition avancée »…

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« Le journal d’une vieille folle », Umar Timol, 2012

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« Le journal d’une vieille folle » d’Umar Timol, L’Harmattan, 2012 VieilleFolle

Quand l’insularité prend corps!

Le texte d’Umar Timol se présente comme le journal intime d’une femme pour le moins étrange et torturée, une mauricienne installée à Paris depuis 30 ans. Ses origines iliennes lui valent d’être appréhendée par tous comme l’incarnation du charme et de la douceur, comme si elle devait nécessairement voir son être se fondre dans les terres de cette île paradisiaque. Ce ne serait qu’un cliché, une figure qu’elle semble d’abord intégrer pour mieux la démentir.
Pourquoi serait-elle exemptée de cette « merde qui grouille dans les bas fonds » des « rêves avortés » ?
Pétrie de douleur et avide d’amour, un amour tentaculaire et absolu, elle pose un regard terrifiant sur elle-même et sur le monde. Elle se heurte et se confronte sans cesse à son insignifiance, à la médiocrité de son existence et…

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« Eleanor & Park », Rainbow Rowell, 2014

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« Eleanor & Park », Rainbow Rowell, Edit° PKJ, 2014 eleanor-park

J’ai succombé à mon tour au charme de cette brillante pépite. Ce roman ne se lit pas, il se dévore, et c’est avec une once de regret qu’on le referme. La magie de l’amour (mais pas seulement) opère et l’on aimerait faire encore un bout de chemin avec Eleanor et Park, ces deux adolescents que tout séparait.
Rainbow Rowell nous relate en effet la rencontre de deux contraires qui vont s’affronter, se confronter, s’apprivoiser et se fondre dans une tendresse rare.
Park et Eleanor vivent quelque part dans le quartier des Flats et fréquentent tous deux le lycée North.
De mère coréenne, Park appartient à la petite bourgeoisie américaine. Avec son jeune frère Josh, il grandit dans le confort et l’amour familial. Son seul souci finalement reste de se tenir suffisamment à l’écart des vannes et autres idioties de Steve…

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Rentrée littéraire (4) « Qu’attendent les singes »,Yasmina Khadra, 2014

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« Qu’attendent les singes » de Yasmina Khadra, Julliard, 2014 Khadra2

Une claque !

Véritable humaniste, Yasmina Khadra a l’art de nous enchanter de son écriture qui allie poésie, cri et puissance.

A l’heure où Ed Dayem, patron de presse ,regagne Alger après un temps d’exil volontaire en Espagne, la commissaire Nora Bilal est saisie d’effroi dans la forêt de Bainem, un cadre d’ordinaire idyllique. Drôle d’endroit pour un cadavre, même « merveilleusement maquillée ».
Une jeune femme gît là, un sein arraché, sur un drap de soir tissé de fil d’or. « On dirait que le drame l’a cueillie au beau milieu d’une noce ». « La Belle au bois dormant a rompu avec les contes ».
L’un comme l’autre se trouvent confrontés à une ville en perdition et à une corruption tentaculaire. Ils ont simplement décidé de l’affronter différemment. Nora aspire à la combattre, convaincue que la loi est la même pour tout le monde. Ed Dayem…

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« Ambassadeur triste », Ananda Devi, Gallimard, 2015

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ambassadeurtriste Dans sa dernière publication, Ananda Devi renoue brillamment avec le genre de la nouvelle qu’elle a beaucoup pratiqué à ses débuts. Nombre d’entre elles se déroulent en Inde, terre de contrastes s’il en est. Son œil acéré aspire ainsi à dépasser « la lisière de la réalité ». La grande originalité de ce recueil, construit comme un clair obscur, réside sans doute dans le mélange des registres et des univers. Le recueil s’ouvre sur un ambassadeur du pays des fjords, qui déprime au plus haut point depuis qu’il est en poste à New Dehli. Trop de contrastes, d’inertie et d’agitation à la fois, trop de hiérarchie lui semblent si insurmontables qu’il s’étiole au fil du temps. Sa tristesse est si intense, qu’elle n’a pas de sens et pourtant…. il lui est impossible de s’en plaindre non plus : « il n’y a qu’un connard riche pour avoir le culot de geindre sur sa…

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