Synopsis « Œdipe-roi » de Sophocle, env 430 avt JC

A propos du titre:

– Œdipes = « aux pieds gonflés » (pieds transpercés/ enfant suspendu à un arbre en forêt)/  Ce personnage apparait déjà dans l’Iliade (chant XXIII) au VII° sous les traits d’un héros épique auquel son peuple offrait des jeux funèbres. Chez Eschyle, Sophocle et Euripide il apparait comme un homme accablé de maux. Œdipe = héros boiteux (tout un symbolisme s’attache à la claudication).

Sophocle puise chez Homère. Selon Aristote, le genre tragique est né de l’épopée. Le dramaturge revisite l’hypotexte d’Homère et confère à Oedipe une dimension plus humaine (fragilité). Idem pour Antigone. = des personnage surhumains qui restent confrontés aux mêmes droits, devoirs et responsabilités que les hommes. Il y a fort à parier que le public est familier avec ce mythe et peut apprécier le regard neuf que Sophocle pose sur l’histoire. Cf. v 8 « au nom que nul n’ignore. »

Selon Jean-Pierre Vernant « la tragédie prend naissance quand on commence à regarder le mythe avec l’œil du citoyen. »

-« Turannos », = tyran. En Grèce= un homme qui a conquis le pouvoir par la force. Cela suppose une usurpation du pouvoir. Pouvoir non légitimé par la naissance.

La page de titre annonce une tragédie. Texte en vers dans sa version grecque.

 

La distribution annonce les interventions/ présences de 8 personnages, dont 7 hommes et une femme.

Oedipe = interprété par le protagoniste, terme désignant l’acteur qui interprète le rôle principal.

C’est le deutéragoniste (2nd acteur) qui interprète Jocaste. Les rôles féminins = interprétés par des hommes. Cet acteur a la particularité d’endosser plusieurs rôles (Jocaste + le Grand Prêtre + le Vieux berger).

Le tritagoniste, ou 3ème acteur, interprète également 3 rôles: Créon (le frère de Jocaste, et donc l’oncle d’Oedipe), Tirésias, le devin aveugle, et le Messager du palais.

Innovation importante : Sophocle = le premier à faire jouer 3 acteurs en même temps sur la scène (2 acteurs cherchent à persuader un 3ème). Cela permet à Sophocle de répondre aux aspirations de ses concitoyens : il s’agit de leur proposer des modèles de réflexion.

Le théâtre étant avant tout parole, la tragédie a un rôle déterminant de « passeur vers la démocratie ».

Lorsque la pièce s’ouvre, l’histoire d’Œdipe est déjà amplement commencée. La tragédie nous retrace les 24 heures qui ont vu sa chute. = moment de BASCULEMENT. Les différents mythèmes sont alors rappelés au fil des scènes dans les récits d’oracles etc.…Seule l’énigme de la Sphinx, qui captive la jeunesse par ses chants, n’est pas rapportée.

 

Prologue : Echange entre Œdipe (le roi), Créon et ce Grand Prêtre.

2 temps essentiels :

  • Œdipe et le prêtre v 1 à 84 : la peste
  • Œdipe et Créon v 85à 146 : l’oracle de Delphes/ nécessité de chasser la souillure due au meurtre de Laïos

Lieu de la scène : Thèbes. Scène extérieure « devant le palais ». Mouvement de foule « une foule de jeunes suppliants ».  Le Grand Prêtre de Zeus se trouve à leurs côtés. Longue supplique du prêtre au nom du peuple.

Allusion à Cadmos, fondateur légendaire de la cité. Les Thébains = aussi appelés Cadméens.

Oedipe apostrophe cette jeunesse. Ton assez paternaliste : « Enfants »/ sorte de relation de proximité. Empathie/ compassion : « je serais sans cœur si votre attitude suppliante ne m’emplissait pas de pitié. »

Mise en abyme de la pitié recherchée par la tragédie???

Recours à un lexique qui laisse planer l’idée d’un certain malaise: « rameaux suppliants », « fumées d’encens », « plaintives litanies »

Il s’adresse ensuite au prêtre, qui apparait comme un porte-parole. Il s’exprime dans une longue TIRADE.

Allusions aux divinités : Pallas = autre nom de la déesse Athéna. / Mention d’Isménos, fils d’Apollon dont les cendres permettaient de prédire l’avenir.

La cité semble en proie à une malédiction, longuement développée par le prêtre. Ambiance délétère et morbide.

Lexique de la mort: « trop malmenée par l’ouragan »/ « abîmes »/ « remous sanglants »/ anaphore du terme MORT / plus de vie à l’horizon: « ses femmes qui ne donnent plus la vie »

p 10 « C’est qu’une déesse armée de feu s’est abattue, foudroyante, sur notre cité, une peste atroce qui vide la maison de Cadmos; et le noir Hadès s’enrichit de plaintes et de sanglots. »

Hadès = les enfers souterrains.

Thématique de la place des dieux dans la cité/ la tragédie/ Les affaires des hommes.

Le peuple place beaucoup d’espoir dans Œdipe. Allusion du Grand Prêtre à la confrontation d’Œdipe avec la Sphinx et l’aide divine : « le tribut qu’exigeait de nous l’inflexible chanteuse »

« l’inflexible chanteuse  » = la Sphinx (Sphinge) qui semait la terreur à Thèbes avant qu’Œdipe ne parvienne à sauver la cité.

Oedipe = vu comme un héros / notion et thématique à travailler.

p 10 « allons, ô toi le meilleur des mortels, redresse la cité! » « nous t’appelons aujourd’hui notre sauveur ».

p 11 « sois le même Œdipe qu’autrefois! »

« C’est sous d’heureux auspices que tu as restauré autrefois notre fortune, sois le même Œdipe qu’autrefois » : expression d’une ironie tragique

Œdipe se montre sensible à leur situation/ héros au service de la collectivité/

« pour moi la souffrance de chacun d’entre vous devient la mienne… » p 11

Thématique du roi/ du bon roi

Il exprime également son inquiétude et ses tourments.  Il leur apprend que Créon, désigné par la périphrase « le fils de Ménécée » (père de Jocaste et de Créon), a été dépêché auprès de l’oracle d’Apollon. Mais le temps lui semble long et inquiétant : impatience anxieuse.

Thématique de la religion et des oracles.

p 11 « je me conduirais bien mal si je n’accomplissais pas ce qu’aura dicté le dieu! »

Arrive alors justement Créon l’air radieux. Oedipe lui demande de parler devant l’assemblée. Mention des lauriers  qui symbolisent la réussite.

« Leur souffrance a bien plus de poids que le souci de ma personne. »

L’oracle = comme une énigme à décrypter

« Phébus souverain nous enjoint clairement d’expulser la souillure que nourrit  le sol de ce pays et d’empêcher qu’elle croisse et devienne incurable. »

Phébus = Apollon Phébus

Il s’agit donc d’interpréter cet oracle. Il est question de punir celui qui a tué Laïos l’ancien roi de Thèbes.

p 12 « et le dieu nous enjoint clairement de punir de notre main ses assassins. » (Créon).

Oedipe pense ne pas le connaître et il interroge Créon sur les circonstances de cette mort, alors que Laïos partait en pèlerinage.  Un seul témoin rescapé aurait parlé de brigands.  La Sphinge les préoccupait trop pour qu’ils poussent l’enquête plus loin.

Oedipe = fermement décidé à éclaircir toute cette affaire. Il endosse le rôle du « détective ».

p 13 « Eh bien moi, je m’en vais vous éclaircir l’affaire en reprenant tout du début. »

p 14 « j’évacuerai cette souillure »

Ironie tragique « en me consacrant au défunt, c’est mon propre intérêt que je sers. »

Oedipe réclame  qu’on assemble le peuple.

NB : on peut noter que l’entrée de plusieurs personnages est annoncée par des personnages déjà sur scène : ceci permet à Sophocle de jouer avec les délais et d’accroître la tension dramatique.

 

Parodos : (entrée par le côté/ = première entrée chantée et rythmée du chœur). Les choristes tournent dans un sens (strophe) puis dans l’autre (antistrophe). V 151-215

Prières et supplications aux divinités.

Apollon = par l’oracle, l’interprète des paroles de Zeus. Apollon = désigné par la périphrase « guérisseur de Délos »./ Allusion à Delphes, cité consacrée à Apollon où prophétisait la Pythie, sa prêtresse.

Dans  la 1ère strophe le chœur s’adresse à l’oracle et à Apollon.

Dans l’antistrophe, à la fille de Zeus.

Le chœur s’interroge, entre espoir et angoisse, sur la signification des réponses offertes par l’oracle.

Thématique: fonction religieuse du théâtre.

Dans la strophe II = la voix de la cité. Evocation des maux que connait Thèbes. Thématique de la stérilité et de la mort (péan = chant du deuil) « on peut voir les Thébains rejoindre la rive du couchant » : périphrase euphémisante pour évoquer la mort.

Idem dans antistrophe II : le chœur apporte un commentaire sur ce malheur+ appel au secours

La strophe III implore Zeus. L’antistrophe III invoque les dieux.

 

Premier épisode : v 216-462

Œdipe + le Coryphée (chef de chœur)

Œdipe et Tirésias : agôn = joute verbale qui opp le protagoniste à un autre personnage.

2 temps forts :

  • Œdipe et le chœur v 216 à 299
  • Affrontement Œdipe/ Tirésias v 300 à 462

Interaction Œdipe / chœur perceptible dans la présence de la deuxième pers « Ta demande ».

Idée selon laquelle la ville est soumise à une force qui la dépasse « te soumettre aux exigences du fléau qui nous frappe ».

Ironie tragique « Je parle ici en homme étranger à toute cette histoire et étranger au crime. » Œdipe évoque le meurtrier en recourant au motif de la souillure et précise que cet individu doit être banni. Il donne ses instructions.

« Voilà comment je compte être compagnon de lutte du dieu (ici = Apollon) et du mort. »

Il lance l’anathème sur le meurtrier, le vouant à une vie misérable de banni (imprécations).

Ironie tragique p 18 « Et au cas où je l’accueillerais en conscience sous mon toit, je me voue aux châtiments que je viens d’appeler sur autrui. »

Réaffirmation de la volonté humaine « Même sans prescription divine la décence exigeait l’expiation d’un pareil crime…et des recherches approfondies. »

Eléments du mythe évoqués par allusion p 18 (fait qu’il a épousé la femme de Laïos etc.).

« moi Œdipe je lutterai comme s’il eût été mon père »

Thématique de la religion p 19 « Mais aucun humain ne pourrait forcer les dieux à faire ce qu’ils ne veulent pas. »

Le chœur suggère la consultation d’un devin, un souhait qu’Œdipe a anticipé. Le devin Tirésias a été appelé.

Mention aussi de quelques rumeurs (on dit)

P 19, le Coryphée « Mais celui qui peut le démasquer n’est pas loin ; vois ! » jeu sur le verbe VOIR ???

Arrivée de Tirésias : « l’aveugle que tu es voit bien quel mal pèse sur notre cité. »

P 20 Tirésias « Qu’elle est terrible cette capacité d’être clairvoyant quand elle se retourne contre le sage ! »

S’ensuit une joute verbale entre Œdipe et Tirésias : le devin veut protéger Œdipe de la vérité et se taire. Cette attitude, forcément incomprise par Œdipe, le met en colère (colère orgueilleuse). Il y voit du mépris, une façon de déshonorer la cité. Œdipe en vient même à l’accuser sans aucune preuve du meurtre (effet de la colère). Sous la contrainte, et dans la nécessité de se défendre, Tirésias accuse Œdipe : p 21 « Oui, toi, toi le criminel qui souille ce pays ! »

P 22 « Je déclare donc que tu as noué sans le savoir un lien abominable avec les êtres les plus chers à ton cœur et sans voir à quel degré d’abomination tu es parvenu. »

L’aveuglement d’Œdipe se poursuit : il voit là une manigance de Créon pour l’évincer du pouvoir.

Jeu intéressant (variation) sur le motif de la vue p 22

Œdipe s’appuie sur l’épisode de la Sphinx pour attaquer le peu de pouvoir de clairvoyance de Tirésias : opp don de voyance/ bon sens

Œdipe fait preuve d’hybris. Le Coryphée souligne la colère des 2 pers : agôn + « t’opposer des arguments ».

Tirésias promet le pire à Œdipe « tu es abominable aux tiens »/ « la malédiction double »/  « tu ne verras plus que les ténèbres » / mention de « l’hymen interdit ».

P 24 « Aucun homme ne sera broyé un jour plus durement que toi. »

Dimension relativement énigmatique des paroles de Tirésias/ difficulté d’interprétation ex en parlant de la filiation d’Œdipe « Le jour où tu le sauras te fera naître et mourir à toi-même. »

L’épisode se clôt sur une dernière longue réplique de Tirésias qui synthétise le mythe d’Œdipe : mythèmes essentiels. Les autres n’ont plus qu’à chercher à interpréter.

 

Premier stasimon : v 463 à 512

= moment où le chœur cesse de tourner et adopte une position statique.

Le chœur s’interroge avec angoisse mais conserve encore toute sa confiance en Œdipe. Il ne parvient pas à imaginer l’inimaginable. Il imagine la poursuite du coupable par les divinités vengeresses.

Strophe 1 :

Qui a bien pu commettre le plus « innommable des crimes »

Antistrophe 1 : « oracles  issus du nombril de la terre »/ ordre venu du Parnasse « de traquer en foule le mystérieux inconnu »

Strophe II : chœur troublé par les paroles étranges de Tirésias. Peut-on croire à la culpabilité d’Œdipe ? Le savoir du devin demeure humain donc faillible.

Antistrophe II : peut-on faire confiance aux devins ? Le chœur veut croire en l’innocence d’Œdipe. Aveuglement du chœur aussi.

 

Deuxième épisode : v 513 à 531

Créon et le Coryphée/ Œdipe et Créon/ Œdipe, Jocaste, le Chœur

4 temps forts :

  • Créon-Le chœur v 513 à 531
  • Œdipe-Créon-Le Chœur : v 532- 630
  • Jocaste-Œdipe-Créon-le Chœur : v 631 à 677
  • – Œdipe-Jocaste-Le Chœur : v 679-862

 

Créon s’exprime à propos des accusations d’Œdipe contre lui/ de l’opprobre ainsi porté. / peur de passer pour un traitre.  Le Coryphée rappelle que ces paroles ont été prononcées sous l’effet de la colère.

Thématique du regard : Coryphée « Je n’ai pas d’yeux pour ce que font les puissants »

Œdipe survient et se montre virulent avec Créon qui cherche à répondre calmement d’abord.  Nouveau duel verbal dans lequel Créon réfute les accusations selon lesquelles il voudrait l’assassiner pour accéder au pouvoir.

Conseils de modération du chœur.

Créon incarne ici une certaine MESURE/ = homme de raison/ met en avant sa LUCIDITE p 30 « Entendement ne saurait devenir faiblesse d’esprit »

Stichomythie.

Ironie tragique « Ce n’est certes pas en moi qu’on trouvera un assassin ! » p 29 / 534

Argumentaire de Créon

P 30 Créon « Pour ma part je suis désireux non d’être roi mais de vivre comme un roi comme tout homme aux intérêts bien compris ».  « A quoi bon préférer le trône à un pouvoir libre de tout souci ? »/ P 31 »Et si tu n’avais rien compris ? »/ « J’ai ma place dans cette ville autant que toi ! »

Thématique du politique

Créon invite Œdipe à consulter l’oracle de Delphes mais la querelle s’envenime. Même Créon perd son calme et recourt à des propos plus violents.

Arrivée de Jocaste qui parviendra peut-être à les apaiser. Médiation de Jocaste et du Chœur. Pour elle cette querelle d’ordre privée ne fait qu’accroître le malheur de la cité.

« Pourquoi avez-vous soulevé ici une inepte guerre de mots ? » (Jocaste) p 31

Intervention du chœur aussi qui cherche à apaiser Œdipe et à lui faire entendre qu’il doit reconsidérer Créon autrement. Rôle du chœur et influence à travailler p 32.

Thématique de la vue p 32 « un obscur soupçon ».

Créon part. Le chœur invite Jocaste à faire rentrer Œdipe au palais (façon de cacher la vérité qui se profile) Conversation plus intime entre Jocaste et Œdipe. Ils échangent leurs souvenirs et font ainsi naître les premiers vrais soupçons.

P 33 « Tu sauras grâce à moi que le don de divination n’est pas de ce monde ».

Pour développer sa démonstration Jocaste recourt à une analepse et raconte l’oracle qui a précédé la naissance d’Œdipe.

Hybris et thématique de la religion : Jocaste remet en question les pouvoirs du devin/ Elle exprime sa défiance face aux oracles tout au long de la scène.

Ici l’homme a l’impression d’avoir pu contrer les dieux pour accomplir son destin.

Mais ironie tragique car loin de rassurer Œdipe, les paroles de Jocaste le mettent sur la voie de la vérité.

Détails sur la mort de Laïos : croisée de chemin, embranchement des routes de Delphes et de Daulis. Œdipe pressent le pire, interroge, réclame des détails : « une allure assez semblable à la tienne ».

Détail important : le seul rescapé a voulu quitter le palais lorsqu’Œdipe est entré à Thèbes. Sophocle choisit habilement de faire apparaître les premiers soupçons d’Œdipe à la mention de la croisée des chemins qui représente symboliquement le croisement des différentes expériences de vie des personnages. La vérité va jaillir de la confrontation de ces expériences individuelles.

Longue tirade d’Œdipe dans laquelle il évoque son enfance, sa filiation supposée, le destin que l’oracle lui avait également prédit.

Toute l’ironie de la situation lui apparaît alors  « Le comble est que je suis le seul responsable et l’unique objet de ces imprécations ! » p 37

« puissé-je ne jamais voir ce jour, oh ! »

Le seul espoir encore permis réside dans le témoignage du bouvier : tout se joue sur un pluriel.

Lourde présomption de culpabilité d’Œdipe à la fin de cet épisode. L’étau, la machine tragique se resserre.

 

Deuxième stasimon :

Condamnation de la démesure (hybris) et d’une certaine décadence (perte de la piété).

Strophe 1 :

Le chœur rappelle la supériorité divine. Façon de réprouver le scepticisme impie du couple royal.

Antistrophe 1 :

Mention de l’hybris « La démesure enfante le tyran. » Hybris = mortifère.

Strophe 2 :

Imprécations contre l’homme qui se laisse aller au péché d’orgueil. Thématique de la piété.

Antistrophe 2 :

Face à l’orgueil s’exprime « l’aiguillon de la colère divine ».

Mise en abyme de la fonction du chœur : « Si de telles pratiques sont désormais à l’honneur, pourquoi faut-il que je mène le chœur ? »

 

Troisième épisode : v911-1072

Jocaste, le messager de Corinthe et Œdipe.

4 temps forts :

  • Jocaste-Le Chœur : v 911 à 923
  • Jocaste- messager corinthien : v 924-949, révélations sur les origines d’Œdipe
  • Messager, Jocaste, Œdipe et le chœur : v 950-1072
  • Œdipe, le Chœur : v 1073 à 1085

 

Jocaste se prosterne aux pieds d’Apollon et se livre à des offrandes pour obtenir le secours d’Œdipe.

P 40 « Œdipe a le cœur lourd de beaucoup trop de chagrins »/ « il est à la merci de n’importe quel oiseau de mauvais augure. » « Libère-nous à la fin de toute souillure ! »

Toujours métaphore du pilote de bateau pour désigner Œdipe.

Ses prières sont interrompues par l’arrivée du messager de Corinthe auquel le coryphée indique le chemin. Il se dit porteur d’une nouvelle à double tranchant.  Polybe est mort et Corinthe voudrait confier le pouvoir à Œdipe.  Jocaste fait appeler Œdipe.

Thématique de la religion et de l’impiété.

De nouveau, mise en doute de la valeur des oracles/ Hybris : « Ecoute l’homme ici présent et tu verras où mènent les oracles sacro-saints du dieu ». Portée critique du « sacro-saints » ???

P 42 : Œdipe « Comment peut-on encore prendre au sérieux le foyer de la Pythie et de ses prophéties, ou les oiseaux piaillant dans le ciel ? » « Ils ne sont que poussière. »

Impiété et hybris d’Œdipe : vanité des oracles.

Mais humain = vu comme le jouet du destin quand même  p 42-43 « Pourquoi vivre dans la peur, quand on est un humain jouet du destin et qu’on ne peut rien prévoir à coup sûr ? »

Invitation à vivre au présent.

Alors qu’Œdipe le harcèle de question et explique qu’il conserve des craintes quant à sa mère, le messager aspire à le rassurer mais lui révèle ainsi que Polybe n’est pas son père. « Il t’avait reçu, sache-le, de mes propres mains. » / « Je t’ai découvert au creux d’un vallon boisé du Cithéron. »

Le doute se fait donc ressentir plus que jamais. Jocaste, suppliante, tente encore de l’en détourner.

P 47 « Tu ne saurais m’empêcher de faire la lumière sur cette affaire ! »

Jocaste a parfaitement compris la situation mais cherche à la taire, à cacher.

P 47 Œdipe au Coryphée « Je me considère, moi, enfant de la Destinée et de sa générosité »…

Œdipe se méprend sur les motivations de Jocaste : il pense qu’elle rejette sa « roture ». Cette dernière se précipite dans le palais, et inquiète ainsi le Chœur.

 

Troisième stasimon : hyporchème = intermède dansé ou chanté dans lequel le chœur exprime sa JOIE. = danse mimée.  V 1086-1109

Le chœur s’interroge sur l’origine d’Œdipe et lui invente une ascendance divine. Entretient le public de l’illusion du bonheur humain.

Déploration du malheur d’Œdipe.

Evocation de la terre, mère d’Œdipe/ hommage à la montagne ???

 

Quatrième épisode : v 1110-1185 (Révélation)

Œdipe, le chœur, le messager de Corinthe et le Vieux Berger

 

Œdipe commente l’arrivée du bouvier. Il s’adresse au chœur des vieillards. Tous reconnaissent le vieux berger, « réputé de toute confiance ».  Le messager de Corinthe le reconnaît aussi.

Œdipe au vieillard p 49 « Ne me quitte pas des yeux et réponds à toutes mes questions ». Il le soumet à un interrogatoire serré. Menaces pour lui arracher les mots et les aveux de la bouche. Comme Tirésias, le vieux berger cherche à se taire pour le ménager, le protéger.

Le vieillard avait confié Œdipe bébé au messager pour qu’il en prenne soin.  Il voudrait que la vérité reste tue.

« La peste t’étouffe ! Veux-tu bien tenir ta langue ? » p 50

Thématique de la violence car le vieillard lève son bâton pour joindre le geste à la parole./ menaces d’Œdipe également : « tu es mort si je dois répéter ma question ! »/ menace aussi de l’oracle

Pb de la parole : toute vérité est-elle bonne à dire ?

Scène de révélation : p 51 « Hélas, voici pour moi le moment de dire l’abomination ! ».

L’épisode se clôt sur la douleur et les lamentation d’Œdipe.

Thématique de la vue et de la lumière.

 

Quatrième stasimon : le chœur/ v 1186-1222

Le chœur tire une leçon morale de l’histoire d’Œdipe/ illustration du caractère changeant de la destinée humaine.

Strophe 1 :

Rappelle la vanité de l’homme : « comme il est vrai que vous ne comptez pour rien ! »

Exemplarité du personnage et de la situation = mise en abyme. « Ton sort me sert d’exemple »  propos qui rappellent la fonction de la tragédie.

Antistrophe 1 : vante les exploits et les qualités d’Œdipe qui n’empêchent pas sa chute.

Strophe 2 : « sa vie à ce point retournée »

Antistrophe 2 : « Le temps qui voit toit t’a découvert bien malgré toi. » = idée chère aux tragiques.

« Je ne puis que gémir et faire sortir des cris éperdus de ma bouche. » cf. définition de la tragédie et de ses enjeux.

 

Exodos : v 1223-1530

Le coryphée, un messager du palais, Œdipe, le Chœur.

3 temps forts :

  • Messager- chœur : récit mort de Jocaste/ aveuglement V 1123-1296
  • Œdipe-Le Chœur : v 1297-1421 : dialogue semi-lyrique
  • Œdipe-Créon-Le chœur- les filles : adieux d’Œdipe à ses filles

Le messager annonce que ses peines ne sont pas finies. Il reste encore « horreurs non plus subies mais voulues ».

Annonce de la mort de Jocaste. « le plus affreux ne s’est pas déroulé sous vos yeux, il vous a échappé »

Récit au théâtre.  Hypotypose avec verbes au présent, notations de mouvement, des perceptions, des bruits pour actualiser la scène, la rendre vivante.

Didascalies internes : cris d’Œdipe. Il se crève les yeux.

« Dans les ténèbres, ils ne pourraient plus voir ceux qu’ils n’auraient pas dû regarder, ni reconnaître ceux qu’ils auraient voulu reconnaître. »

Thématique de la violence : image p 55 « Sang, sang, globes en sang sur sa barbe ! » + hyperbole « une averse noire »

Thématique du TABOU p 55 « oh, ses mots ne sont pas dicibles, je ne puis ! »

Tandis qu’Œdipe sort du palais pour s’exiler, le chœur le plaint (déploration, « kommos »), le voit comme un infortuné, : « la divinité a bondi sur toit ».

Lamentations, double deuil, double tourment. On passe du RECITATIF au chant par l’effet de l’émotion. Puis Œdipe livre de nouveau ses réflexions sur son geste.

Mais place de la volonté humaine : « Apollon, m’envoie le sort affreux, atroce, qui est le mien désormais. Mais c’est ma propre main qui a porté le coup et celle de personne d’autre, et c’est moi qui souffre ».

Thématique de la malédiction.

Œdipe déplore que le vieux berger l’ait aidé un jour.

Le Chœur p 57 « Mieux valait pour toi ne plus exister que vivre sans la vue ! »

Intervention de Créon qui l’invite à consulter encore un oracle. Il lui reproche de toujours vouloir triompher (hybris) et de na pas apprendre l’humilité.

Il lui confie les siens. Adieu à ses filles, désormais condamnées à l’errance : « venez vers ses mains fraternelles ». p 61 / « Tout cela on vous en fera porter le poids ».

Le dernier mot revient au Coryphée et prend des allures de leçon morale « Aussi pour un mortel c’est son dernier jour qu’il faut toujours considérer. »

 

 

 

 

 

 

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