Présentation du document/ approche générale

Titre: « PIerre de Ronsard, les poèmes en BD », Edit° Petit à Petit , 2006
ouvrage collectif: 13 dessinateurs aux styles et aux techniques différentes adaptent des textes variés puisés dans l’oeuvre de Ronsard
cette série de planches constitue une adaptation du sonnet « Quand vous serez bien vieille » composé par Ronsard in Sonnets pour Hélène en 1578
l’auteur de cette adaptation est Olivier Desvaux
Cette adaptation comprend 5 planches comportant chacune un nombre de vignettes variable (4/3/3/3).
La taille des vignettes varie aussi
On note l’absence de bulles. L’auteur se contente de reprendre l’intégralité du poème qu’il distille dans des cartouches
Planches 1 et 2 = 1er quatrain/ planche 3 : 2nd quatrain (donc rythme plus rapide)/ planche 4 : 1er tercet et planche 5, 2nd tercet.
Planche 1
La 1ère et la 4ème vignettes sont étirées horizontalement: elles posent un décor, un cadre spatio-temporel. Ce sont des plans d’ensemble Les V2 et V3 conservent une taille classique et sont centrées sur les personnages. En V2: poète seul avec son amour/ porte fermée qui traduit une séparation, une frontière. Plan rapproché taille. En V3, plan rapproché taille, : Le poète + une femme, la servante. La porte entrouverte est signe de négociation. La vignette présente cette servante comme un trait d’union entre le poète et la belle indifférente.
On constate un contraste entre les 2: v1 décor extérieur/ v5 décor intérieur. La porte s’est ouverte de l’une à l’autre. Cette porte nous permet d’entrer dans l’intimité d’Hélène alors même qu’elle glisse dans la prolepse du poète, dans sa démonstration. Contraste des couleurs aussi: v 5 plus sombre. Ceci correspond à la vision sombre de l’avenir que lui propose le poète. Ce contraste souligne l’idée du temps qui passe. Cette idée est renchérie par la présence de portraits sur les murs en V5. On retrouve là une allusion visuelle à l’idée selon laquelle l’art permet l’immortalité.
Entre les 2, le poète se déplace. Ce mouvement traduit la démarche de persuasion de Ronsard. Il vient la « chercher », la persuader, presque la « cueillir ».
On note la présence de certains raccords dans l’enchainement des vignettes. Entre la V1 et la V2 (arrivée devant une demeure qui témoigne d’un rang social élevé/ puis arrivée devant une porte): entre les 2 rapide ellipse temporelle. Le raccord passe ici par l’objet (la porte) mais aussi par l’action (rendre visite à). Raccord par l’objet aussi entre la V3 et la v4 avec la chandelle qui ménage un écho avec le texte « au soir à la chandelle »
V 5: présence de deux femmes. La belle descend l’escalier. Cette position surélevée rappelle qu’elle était sur un piédestal (culte) mais cela peut aussi suggérer « son fier dédain » (elle le regarde de haut).
Planche 2
3 vignettes de même taille: étirées horizontalement. De nouveau scène extérieure: paysage + couple. Absence de vraie intimité donc. De nouveau couleurs gaies, paysage lumineux (lueur d’espoir???). Végétation qui symbolise la vie. V1 et 3 : plans d’ensemble.
Ils cheminent côte à côte ce qui traduit la situation de dialogue (fictif dans le texte)
V2: le plan rapproché poitrine met en évidence la jeunesse d’Hélène. Le regard de Ronsard tourné vers elle = un écho à « célébrait »
Le 1er quatrain = le seul qui s’étale sur 2 planches: peut suggérer que la vieillesse peut sembler lointaine à Hélène/ Cela peut être aussi une façon de ménager l’entrée dans la prolepse.
Planche 3:
3 vignettes + un insert
V1: Plan moyen. Servante toujours chandelle à la main. Chandelle = métaphore du temps. Rétrécissement du champ de vision autour de la porte comme la vie qui se resserre vers une fin inexorable.
V2: Plan d’ensemble. Présence d’un lac (eau dans imaginaire collectif = liée à l’écoulement du temps). Effet de reflets, d’ombres: symboles du temps qui passe aussi, de la vieillesse. Les reflets suggèrent qu’elle ne sera plus que le pâle reflet de sa beauté.
la composition de la V3 = + complexe. Présence d’un insert dans une grande vignette carrée. La partie principale: paysage extérieur avec un couple sur un banc. En superposition un insert avec la femme seule: contraste qui évoque la solitude à venir. Le poète aura disparu. Le contraste montre le temps qui passe, idée aussi suggérée par la représentation du vent (traits + mouvement de la coiffe+ feuilles qui volent).
un élément raccorde cependant l’insert à la grande vignette: la rose. En V2 la rose est dans la main du poète/ Dans l’insert elle est dans celle d’Hélène. = une façon d’exprimer mélancolie et regret.
Planche 4:
Evocation de la mort du poète et mise en parallèle de leur situation respective (V2 et V3 femme seule).
V1: une grande vignette verticale avec une légère contreplongée. Dessin qui contraste avec le texte « Je serai sous la terre ». Ici poète = dans l’air, processus d’élévation souligné par ses bras tendus. = Poète qui devient immortel (traduit éloge du poète et de la poésie contenue dans le sonnet). Influence religieuse: poésie sacrée.
A l’inverse en V2, légèrement étirée verticalement aussi, plongée qui signifie l’écrasement de la belle sous le poids de la vieillesse. Son regard = tournée vers le haut comme si elle cherchait le poète: traduit le regret et la mélancolie.
V3 plan rapproché pour focaliser l’attention sur sa beauté flétrie et sa mélancolie.
Vieillesse traduite par changements de son visage + position assise, statique. Ceci est renchéri par les couleurs sombres + la mise en évidence en V3 de la rose fanée qu’elle tient.
la rose = un raccord et un motif qui traverse la BD. Elle symbolise la beauté, la vie éphémère, mais aussi l’amour.
Planche 5:
2 vignettes de taille classique + une grande, image conclusive.
V1: femme toujours le banc, comme si elle n’avait pas bougé. La position du corps et de la tête évoque l’écrasement, la tristesse.
V2 : représentation de sa mort qui n’est que très implicite dans le sonnet. Silhouette masculine en plan moyen. L’homme est entouré d’une sorte de halo de lumière (éloge du poète).
V 3 : le banc prend des allures de pierre tombale avec des bouquets de roses de part et d’autre. Le plan américain permet de reconnaître le poète. Il porte Hélène comme s’il était son dernier secours. Son retour = une façon d’exprimer sa fidélité.
Questions à se poser:
Quels sont les rapports entretenus entre le sonnet et son adaptation?
L’adaptation est-elle fidèle?
L’adaptation est-elle simplement illustration?
L’adaptation éclaire-t-elle le sens du texte? Comment? Pourquoi?
Peut-on parler de réécriture? Pourquoi?

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