Synopsis Eluard : 2nde partie

Le temps qu’il faisait le 14 mars titre qui laisse supposer l’évocation d’un souvenir, d’un moment important, marquant.

Dessin

En arrière plan une sorte de dolmen (symbole phallique, mais aussi symbole des temps anciens, primitifs ???)

Au premier plan une femme en plan rapproché poitrine. Ses mains sont mises en relief. Ses yeux clos et son visage renversé peuvent suggérer qu’elle rêve.

Texte

Les termes enjôleurs et charmeurs suggèrent la séduction, mais aussi la magie.

Une place importante est accordée à la nature et au printemps qui se voient valorisés et associés à un souvenir heureux.

Lien entre les « aiguilles du midi » et le couple liminaire d’autant plus évident qu’on retrouve le motif de la couture « cousent la traine du matin », la traine pouvant évoquer les nuages.

Eluard détourne le procédé du paysage-état d’âme cher aux romantiques : le visage et le dolmen deviennent un paysage.

On peut lire dans ce poème l’espoir que le poète place en l’amour. L’allitération en [S] signifie la sensualité et le bonheur

Couple marqué par l’idée d’un renouveau, possible grâce à l’amour

Le sablier compte-fils : titre organisé autour d’un néologisme (forme de surréalité ???). Titre surréaliste par excellence puisqu’il détourne de leurs fonction habituelles des objets afin d’en donner une vision nouvelle, surprenante.

Dessin

Une femme nue est allongée sur le côté. On ne voit pas son visage. Elle est comme retenue, entravée par des fils reliés à un objet qui semble une fusion du sablier et du compte-fils utilisé par les couturières ou les brodeuses. A sa manière, Ray brode la réalité en cousant en un morceau deux réalités éloignées.

Texte

La première strophe composée uniquement de GN semble évoquer une décomposition de la réalité, un ensemble de visions parcellaires.

On constate ensuite la présence d’une antithèse comme « La lampe qui boit la lumière » : là encore objet détourné de sa fonction première, un peu comme si nous entrions dans un monde à l’envers (autre que la réalité).

Peu à peu le sens se défait : la parole semble incohérente (cf. strophe 3 dans laquelle la syntaxe est totalement absente).

Tient du jeu du cadavre exquis.

Couple typiquement surréaliste à travailler dans le cadre d’une question sur la dimension surréaliste du recueil.

Plante-aux-oiseaux : même remarque que pour le titre précédent. Mot valise qui n’existe (néologisme) pas comme si les artistes inventaient une plante d’un genre nouveau. Traces d’onirisme.

Dessin

Motif de la nature

Au 1er plan une plante à longue tige, très verticale (élan) sans feuille et juste une petite fleur. Importance accordée aux oiseaux, comme si ces derniers remplaçaient les éléments constitutifs de la plante habituellement. Ces oiseaux peuvent encore symboliser un envol. Ils peuvent rappeler les colombes des tableaux de Matisse par ex e symboliser la paix, la sérénité (métonymie).

On distingue une plante similaire en arrière plan, même si elle comporte un peu plus de feuilles. Près d’elle se tient un homme semblable à un pèlerin (figure-t-il l’artiste surréaliste ???).

Paysage montagneux qui rappelle le couple liminaire.

Texte

Le poète semble s’adresser à la plante pour lui signifier son admiration : elle résiste sans peur.

Cette plante semble se confondre progressivement avec l’oiseau grâce à une métaphore filée.

Image particulièrement surréaliste « l’élan de la graine de force »

La notion d’élan = fondamentale dans ce couple : il s’agit sans doute de celui que veut prendre aussi l’artiste pour voler vers un autre monde

Rêve : titre qui reprend une thématique chère aux surréalistes

Dessin.

De prime abord le rêve tient du cauchemar. Vision apocalyptique. Paysage urbain torturé. Les bâtiments peuvent rappeler des grandes villes américaines. Tout ce qui relève de la nature semble malmené.

La locomotive dans le ciel est assez hétéroclite mais suggère le cataclysme.

Peut-on y voir un rejet de la « culture » au sens de civilisation bourgeoise ???

Texte

Alors que le dessin pouvait évoquer les USA, le texte la mention de « La tout Eiffel » évoque évidemment Paris.

Mention d’adynata : Un adynaton est une hyperbole tellement exagérée qu’elle en devient comique. Là où l’amplification ou l’hyperbole habituelle peut avoir un certain souffle épique, une portée héroïque, l’adynaton est le discours du ridicule. La différence est subtile, et dépend de la vraisemblance de la phrase: si c’est clairement impossible, ce ne peut être qu’un adynaton!

« La tour Eiffel est penchée » « Les ponts tordus » : il s’agit d’exprimer le rejet du monde et de la société dont il faut s’émanciper, s’échapper.

Eluard présente alors le livre (et indirectement la création artistique) comme un rempart, un refuge, un moyen d’évasion.

On peut lire le dernier vers « Je me déshabille » comme une métaphore de ce rejet.

Le titre de ce couple constitue une antiphrase. Le couple représente la réalité qu’il convient de fuir.

Histoire de la science :

Dessin

Une femme nue debout sur une roue les bras levés. Elle tient un objet rond entre ses mains, objet qu’elle semble brandir. Sa chevelure vole au vent, comme une auréole. Sa tête renversée peut encore suggérer une certaine sensualité.

On peut s’interroger sur cet objet : est-ce une pomme (nouvelle Eve ?), un globe miniature signifiant que la femme tient le monde entre ses mains, qu’elle a ce pouvoir ????

S’agit-il d’une boule de feu ?

Ce dessin rappelle celui de Léonard de Vinci intitulé « L’homme de Vitruve » : Ray propose-t-il une version féminine de ce dessin ?

Une forte impression de puissance se dégage.

Texte

Eluard s’inspire longuement du mythe de Prométhée dans ce poème.

Dans la mythologie grecque, Prométhée, dont le nom signifie « le prévoyant », est l’un des Titans. Il est surtout connu pour avoir créé les hommes à partir de restes de boue transformés en roches, ainsi que pour le vol du « savoir divin » (le feu sacré de l’Olympe) qu’il a caché dans une tige et qu’il rendit aux humains. Courroucé par sa ruse, Zeus, le roi des dieux, le condamna à être attaché à un rocher, son foie se faisant dévorer par un aigle chaque jour, et renaissant la nuit.

Il en propose une réinterprétation. Le feu chez Eluard peut aussi représenter le désir amoureux

Importance du motif de la création et de la naissance : « renaitras » « invente perpétuellement » + référence à l’enfance.

Ceci passe par l’intervention des mains. Souhait : « Que les mains te délient ».

Le couple semble évoquer la puissance de l’acte créateur.

La plage : peut-on établir un lien entre ce titre et l’expression de la préface « Et les plages désertes des yeux du rêveur » ???

Dessin

Paysage naturel marqué par des lignes horizontales. On note la présence de quelques promeneurs miniatures tandis qu’une femme nue, surdimensionnée émerge de l’eau, comme une sirène.

Peut-on y voir une allusion à la Vénus anadyomène ?

Cette femme, par le jeu des lignes et des traits, semble se fondre dans le paysage, comme si elle devenait une île

Texte

Le poème traduit cette impression de fusion des éléments et de la figure féminine.

Il semble pouvoir répondre à la Préface : il s’agit d’un rêve de retour à un état naturel presque primitif où primerait nudité et simplicité. Impression de sérénité permise notamment par l’allitération en [S] et par les images positives comme « nudité tendre ».

Eluard évoque le retour d’une certaine innocence

Avignon

Dessin

La femme se fond avec l’architecture. Visage et main levée surdimensionnées et remparts qui opèrent comme le col d’un vêtement. Yeux fermés, comme dans un rêve.

Texte :

HAPAX car le dessin est illustré cette fois par 2 textes distincts. Le second semble la suite du premier : le rendez-vous semble avoir échoué.

Hommage au poète René Char

Paranoïa : titre qui invite à un rapprochement avec « Peur »/ mais attention avant la guerre la paranoïa est assimilée à un délire interprétatif.

Dessin

Onirisme de ce dessin.

Une femme, l’air parfaitement radieuse, semble sortir de sa robe comme si tout son être se concentrait dans cette jambe particulièrement sensuelle. Erotisme du dessin.

La pointe de son pied posée sur une mappemonde signifie le pouvoir de cette femme, sa domination.

Que représente l’objet à sa ceinture ??? Un cadenas qui permettrait d’associer le vêtement aux carcans sociaux et moraux

Texte

Le poème relève aussi du rêve et de ce qui pourrait sembler un délire interprétatif, une hallucination

Le voyage = un fil conducteur. Lien possible entre ce poème et celui de l’aventure.

Images surréalistes : les deux derniers vers

Des voyageurs semblent atteindre la côte après leur périple. Ils vont à l’abordage. On retrouve l’idée d’une conquête, comme celle de la femme dans le dessin. Expression d’une forte volonté, d’un allant. Ces voyageurs = comme des oiseaux : image qui suggère qu’ils dominent, qu’ils surplombent, qu’ils survolent les choses. On peut supposer que ces voyageurs sont les artistes surréalistes.

Couple qui suggère un esprit de conquête et de domination sur le monde

L’espion :

Dessin

On semble posté devant une façade. Les fenêtres avec les persiennes laisse percevoir la présence d’un regard inquisiteur.

Au première plan : une jardinière avec une plante, un pin, un plantoir.

Ray jour avec les proportions et les règles de transparence (avec la main).

Une main anonyme se saisit subrepticement du plantoir.

Texte

Poème très court qui propose une variation sur le regard inquisiteur et menaçant : référence à l’arc + recours au verbe menacer.

L’univers de bronze peut être une périphrase pour désigner ce qui endeuille la vue dans le couple liminaire. La mention de l’épaisseur de la vue va dans le même sens.

On peut supposer que cet espion est le surréaliste qui cherche à percer de sa vue aiguisée l’épaisseur des choses et de la réalité pour découvrir ce qui est au delà.

Couple qui semble une métaphore de la volonté surréaliste de dépasser la surface des choses.

L’attente

Dessin

Deux mains jouent avec une toile d’araignée (qui peut évoquer le temps qui passe).

Lien avec le dessin de Solitaire : mais ici les mains sont masculines.

Texte :

Monostiche. Expression d’une absence, d’un désir inassouvi, d’une insatisfaction

Des nuages dans les mains : détournement de l’expression la tête dans les nuages.

Dessin

Deux mains paumes tendues vers le ciel. Paysage naturel. Maisons miniatures (comme quantité négligeable).

Les nuages = métonymie du rêve et d’une élévation.

Les mains = synecdoque de l’homme, de l’artiste.

Ray joue encore une fois avec les règles picturales puisque la main gauche figure à la fois au 1er et au 2nd plan tout en conservant la même taille (refus de la règle des perspectives).

On distingue comme des éclairs en arrière plan

Texte

On peut lire dans ce poème une référence implicite à Baudelaire et à son spleen + GN « ce dédain de l’Orient »

L’essentiel du texte évoque un état dépressif : désespoir confus/ nuit de pluie (métaphore hyperbolique- / anaphore de loin qui écarte le bonheur/ oxymore « paradis livide »/ marche en arrière incrédule et exténuée…

Mais le dernier vers, isolé et donc mis en relief, fait mention d’un remède. Le texte s’achève donc sur une note positive.

L’allitération en liquides, [|] donne à entendre ce désespoir.

Le château d’If

Dessin

De nouveau un château a l’air désert. Un homme en costume de gale, un dandy qui constitue un décalage temporel avec le lieu semble ravi. Mais effet de contraste car on l’attendrait plutôt à l’intérieur. Contraste blanc/ noir aussi.

Texte

Echo avec le Château abandonné.

Certains termes mélioratifs semblent évoquer la splendeur passée du lieu.

La langue a déserté il ne reste plus que des échos qui se perdent dans les toiles d’araignée. Le pluriel de ce GN indique bien que le lieu est abandonné de longue date. Lieu = anxiogène. Il symbolise les carcans moraux et sociaux.

Oui ou non

Dessin

Une fléchette en pleine lancée semble traverser une peau d’agrume curieusement suspendue en l’air. Onirisme et image poétique : la peau du fruit = comme un nuage d’un nouveau genre.

Texte

La mention des « routes nouvelles » sur lesquelles on dessine peut désigner la voie surréaliste. Il s’agit d’évoquer de nouvelles voies et de nouveaux modes d’expression. Les termes sincère et filant droit peuvent suggérer la spontanéité, le trait ou le mot qui fuse comme une fléchette sans l’intervention de la raison.

La rébellion= le rejet des carcans sociaux et esthétiques.

« Les grande sorgues de la raison » = coupées, mises au repos.

Le silence = la marque et la condition de cet affranchissement de la raison

Couple qui est intéressant pour illustrer la démarche et la volonté surréalistes.

La Marseillaise : écho avec le couple La Liberté

Dessin

Au second plan une ville rendue plus paisible que celle de Rêve par la présence de l’eau et du bateau au premier plan.

Des hommes sont embarqués sur une petite barque et semblent accoster un plus gros bateau. Une femme est suspendue à la proue du navire= comme la figure de proue des surréalistes. Elle se distingue par sa nudité et sa longue chevelure. Sa silhouette rappelle les sirènes. Sa suspension et sa verticalité semblent suggérer qu’elle survole les choses, qu’elle les domine.

Texte

Le GN « clé de voute » désigne une pièce maîtresse en architecture. Le silence = important en ce qu’il est comme une condition au rêve surréaliste. L’association de ce silence à la présence féminine souligne combien la femme occupe une place de choix dans ce rêve et combien elle le favorise.

L’image les roseaux de ses bras présente aussi cette femme comme un être protecteur, qui embrasse le poète.

Générosité de cette femme « Païenne éperdue de tendresse ». Le terme païenne souligne la rupture avec les carcans moraux, sociaux et artistiques.

Les hommes = les « proies » et non les chasseurs. La femme les libère (image de la prison).

L’apparition

Dessin

Silhouette hermaphrodite qui exprime une souffrance évidente. Visage comme ravagé, rongé. Buste semi relevé. Elle semble être sur le sol.

Texte

Texte déceptif.

L’image du cavalier brisé renvoie au poète solitaire et au fou d’amour. Le GN « Chanson étonnante » semble décrire le texte qui suit. (étonnante = surréaliste). S’ensuivent en effet des images typiquement surréalistes comme « tempête de lilas ».

Impression d’un monde qui s’écroule : écho détruit, maison qui s’écroule, cri….

Echo avec Femme portative par exemple ou encore La toile blanche.

Les derniers vers semblent constituer une allusion au motif de l’hermaphrodite, de l’homme originel qui était formé de deux moitiés (femme/ homme). Le poème exprime la souffrance de celui qui a perdu sa moitié (incertitude amoureuse). Vers construit sur des antithèses.

La peur :

Dessin

Dessin dérangeant. Une femme réduite à une certaine animalité semble ramper. Elle connote la soumission. Il se dégage une violence évidente de ce dessin, d’autant que l’ombre d’une main géante semble planer comme une menace.

Le visage suggère la peur.

Texte

Le poème traduit la même violence : image de la proie qui s’affole.

Lexique de la violence et de la mort : tombeau, menace, pont brulé, bâton brisé.

On retrouve aussi l’animalisation de la femme.

Mais effet de chute avec les 2 derniers vers. La peur est essentiellement masculine : il redoute l’ennui de la femme. Sorte de jeu sado-maso qui pourrait ne pas la satisfaire.

Couple qui connote le sadisme

Feu d’artifice

Dessin

Au premier plan une plante surprenante et gaie qui peut rappeler l’arbre-rose de la première section. Impression que la vie fuse.

Au second plan un morceau de pont, peut être une couture entre cette rive joyeuse et l’autre, plus terne.

Texte

L’expression « où ne s’efface pas les ombres » peut constituer une allusion au mythe de la caverne. Idée selon laquelle on peut percevoir ici que le monde nous cache d’ordinaire.

Le terme fantastique = valorisant ici (= formidable).

Brosse à cheveux

Dessin

Mise en relief d’une main comme armée d’un pinceau. Le peintre semble jouer sur les différentes acceptions du terme brosse (brosse à coiffer/ à peindre).

Cette brosse semble vouloir effacer la silhouette féminine dessiner sur le papier. Les poils du pinceau cachent précisément la chevelure de la femme (jeu de Ray).

La main semble ainsi s’affranchir des représentations académiques, des canons esthétiques traditionnels.

Texte

L’expression « les teintures idéales » peuvent désigner les canons esthétiques que l’on a acceptés de reproduire inlassablement au fil des temps.

L’expression « des rires entre les dents » évoque une attitude provocatrice et révolutionnaire.

Couple qui signifie le désir d’émancipation des surréalistes, leur attitude iconoclaste.

Les tours d’Eliane

Dessin

Dessin surprenant. On retrouve le motif du château qui se confond avec le bas du corps de la femme. Celle-ci surdimensionnée et poitrine nue semble s’évader de la fortification.

La porte est ouverte, et le pont levis, en forme d’ogive se confond avec le vagin de la femme.

Ceci souligne la puissance de la femme, mais aussi sa dimension protectrice.

A noter la présence de l’homme miniature, nanti de sa petite lance (symbole phallique de petite taille aussi). La femme = comme une forteresse qu’il faut conquérir.

Le visage baissé et le regard porté vers le bas peuvent rappeler certaines madones, mais ici encore l’icône = détournée en raison de sa nudité et de cette métaphore du sexe.

Texte

Distique réduit à sa plus simple expression qui traduit l’idée selon laquelle la femme est l’espoir de l’homme.

Elle est celle qui va ouvrir la porte du monde, qui va permettre à l’artiste de ne plus avoir la vue endeuillée (métaphore de la fenêtre).

Au bal Tabarin

Dessin

Fort onirisme. Dessin composé de silhouette appartenant au monde du cirque et spectacle : danseurs, équilibristes, acrobates. Beaucoup de mouvement.

Un visage est barré d’une croix. Il s’agit d’une silhouette qui rappelle la statuaire traditionnelle.

Texte

Le Tabarin= le nom d’un cabaret, salle de spectacle ouverte à Paris en 1904.

La 1ère et la 2nde strophes évoquent le mouvement et la magie du spectacle et l’illusion théâtrale.

Images surréalistes comme « anémones mandarines » » ou « lys pêches boutons d’or ».

La dernière strophe est plus déceptive et évoque l’illusion provoquée par le spectacle en mentionnant le visage ou l’allure qui pourrait se révéler derrière ces images de spectacle. Derrière la beauté et l’enchantement peut se cacher la laideur.

Femme portative

Dessin

Une silhouette féminine ressemble à une marionnette. Mais le fil avec lequel on est censé la tenir reste libre, comme elle. Corps superbe : idéal féminin ?

L’une de ses mains est en appui sur un cône formé du même matériau qu’elle. De l’autre, elle tient un fil relié à une autre silhouette ramassée sur elle-même, ratatinée, dégonflée qui semble signifier une absence ou une non-existence.

Texte

Le poème reprend la thématique de la solitude du poète et le motif de la belle indifférente sans laquelle la vie manque de sens.

Parallélisme de construction avec l’anaphore de SI.

La femme et l’amour représentent le salut de l’homme.

Les 2 derniers vers = très importants pour évoquer le lien texte/ image : le rêve renvoie à l’expérience surréaliste du demi sommeil. Le texte = expression, mise en mots de rêves, de visions. Le texte = rêve autour du rêve de Ray.

« Et j’aime ceux des autres quand on me les montre ».

Poème important pour définir la notion d’illustration selon Eluard.

La couture : titre qui constitue un écho au couple liminaire

Dessin

Une femme allongée poitrine nue, le reste du corps du corps recouvert d’une étoffe. Elle évoque la statuaire traditionnelle, mais ici elle est détournée en raison de son horizontalité. La statue = verticale. Son visage est tourné du côté opposé au spectateur et son bras recouvre ce visage. Des ciseaux disproportionnés semblent vouloir la couper en deux.

Cette femme peut représenter les canons esthétiques traditionnels avec lesquels les surréalistes veulent rompre.

Texte

Les deux premiers vers évoquent la boue avec laquelle Baudelaire fait de l’or. Impression d’une sorte de langage codé.

Allitération en [f] donne à entendre cette étoffe symbolique que l’on froisse.

Les termes enragés, ergotés suggèrent une certaine violence (celle faite à l’art traditionnel). Dimension iconoclaste.

La collection peut désigner le recueil (sens étymologique du mot recueil = collection).

Couple révélateur de la dimension iconoclaste du surréalisme.

Où se fabriquent les crayons

Dessin

Paysage montagneux au second plan qui rappelle le couple liminaire. Au premier plan un village, une paroisse signifiée par la présence d’une église.

Mais bâtiment détourné par la présence de ce clocher en forme de crayon qui rappelle la présence de l’artiste (peut évoquer le fit qu’on parlait aussi de chapelle pour désigner les mouvements littéraires). Ce crayon ainsi pointé vers le ciel peut signifier la détermination de l’artiste, sa volonté de recréer le monde à sa manière.

On note également la présence d’un serpent géant qui traverse tout le dessin et même la montagne. Cet animal est généralement associé à la présence du mal. Il peut traduire ici la provocation surréaliste et leur volonté de s’affranchir des carcans moraux.

Texte

On a l’impression d’une transition.

On rencontre une variation autour de la notion de vue endeuillée (œil déserté/ retenu la lumière).

La dernière hirondelle semble annoncer un temps révolu et donc un changement.

Références au sommeil qui rappellent la recherche surréaliste.

« Bonne nuit à la pensée » est une façon de souligner leur volonté de s’affranchir de l’exercice de la raison.

Couple qui comporte une dimension métapoétique.

Les amis : Sa position stratégique au seuil de l’œuvre confère à ce poème une importance particulière. Il clôt la seconde section et le recueil si on fait abstraction de l’hommage à Sade et des « détails ». Son titre prend une teinte particulière à la lumière de la collaboration artistique de ray et Eluard dans ce recueil. Comme nous l’avons vu la question du lien est capitale dans le recueil.

Dessin

Dessin assez étrange rassemblant des éléments particulièrement hétéroclites comme la tasse et le marteau. Le fond noir donne un éclat particulier aux objets de premier plan, il permet de les mettre en lumière. A l’inverse il perturbe quelque peu la perception du second plan.

Ray s’inspire ici du genre de la nature morte mais il le détourne puisque certains éléments évoquent la vie et le mouvement : l’eau qui coule, la corde qui s’enroule

Plusieurs éléments suggèrent le lien ou l’amitié : la tasse, la corde

Le tout donne un dessin assez onirique.

L’atmosphère est pesante dans le dessin de Man Ray ; la technique est inédite dans le recueil : l’encre façon pochoir où se découpent sur fond noir les formes de ce qui ne manque pas de rappeler le rayogramme

Texte

Distorsion apparente entre le dessin et le texte : pas de marteau ni de robinet mais des éléments plus poétiques comme les volubilis. Toutefois l’expression « outils actifs » peut être rapprochée du marteau. La tasse et le sucrier trouvent un écho dans l’image du « déjeuner au soleil ».

L’oreiller du dessin est repris par le champ lexical du sommeil. Le félin peut trouver un prolongement dans « les fourrures animées », tout comme la forme qui ressemble à un écureuil.

On note évidemment une reprise du titre dans la flaque d’eau du dessin.

Champ lexical du sommeil : le sommeil, ne voulaient pas dormir, veille, dorment. Peut renvoyer à l’état recherché par les surréalistes pour créer, pour se libérer du carcan de la raison et se laisser aller à leur pleine imagination.

Comme le dessin, le poème est profondément ancré dans le surréalisme : onirisme, stupéfiant image avec des expressions comme « un murmure plein de petits os »

Déstabilisation, bouleversement des réalités avec un oxymore comme « fourrures animées ». Cette notation s’entoure d’une dimension quelque peu fantastique, que l’on retrouve également dans le dessin. L’homme semble s’être brutalement éclipsé, effacé, laissant l’eau couler et abandonnant sa tasse pleine. Est-ce pour suggérer l’idée que l’homme a abandonné un temps au moins la raison ? Les « petits os » que l’on remâche, le « peuple dénaturé qui perpétue la présence humaine vont dans le même sens. La personnification des végétaux « échappés » et des « outils actifs » et le miroir et le paysage déformés aussi. Cela contribue à la dimension onirique du texte

Points de convergence entre le texte et le poème notamment grâce à deux procédés la métonymie et la synesthésie. Dans les 2 les objets sont la marque, le signe des hommes. Ainsi l’oreiller évoque le sommeil mentionné dans le poème. = l’état qui selon les surréalistes permet la naissance de la poésie. Certains objets = des synecdoques Ex : le marteau inclus dans les « outils actifs », les objets animaliers devenus « fourrures animées ». Création d’un univers assez fantastique.

Dans le dessin comme dans le poème, présence de synesthéqies : tous les sens s’exacerbent , se mêlent : bruit de l’eau, fraicheur du liquide, douceur de l’oreiller ou dureté du bois, goût du café/ « les beaux cuirs usés », « les étoffes à reflet », le « paysage en forme de carte à jouer », « un murmure plein de petits os » : autant d’éléments « frais échappés d’un déjeuner de soleil. »

Eluard veut signifier que le monde est senti plus que compris.

Ici l’ekphrasis* d’Eluard relève de l’extrapolation.

Jeu sur les « amis » du groupe surréaliste dont les surnoms révélés par une lettre de Valentine Hugo sont représentés sous forme de rébus : ainsi le dessinateur lui-même en tuyau, Eluard en robinet,

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