Etude des textes complémentaires : Pétrarque / Du Bellay et Catulle

Question 1 : lire les textes de Du Bellay et Pétrarque puis les comparer au sonnet de Louise Labé afin de déterminer leurs points communs :

– même forme : un sonnet

– même thématique : l’amour :

P au v 7 « Amour ne me tue pas »

DB v 2 « Je fuis l’amour »

On note que Du Bellay ne recourt pas à la majuscule : pas d’allégorie

– même importance de la 1ère personne : lyrisme

Ex v2 de P : « Je crains et j’espère ; je brûle et je suis de glace » : 4 occurrences + le pronom JE est mis en relief par l’anaphore « Et je » des vers 3 et 4

Chez DB le pronom « je » est souvent placé sous l’accent à l’entame du vers.

On dénombre chez les deux poètes de nombreuses occurrences du pronom « me » pour suggérer la passivité de l’amant qui subit.

P, v 5 : « Qui me garde en prison »

DB v 6 « Désir m’enflamme, et crainte me rend glace »

Il s’agit comme pour Louise Labé d’évoquer l’amour comme une passion, au sens étymologique du terme (image de la prison : champ lexical que l’on retrouve chez DB et P).

Ces auteurs recourent à des figures de style identiques :

– antithèses :

P «v 2 « Je crains et j’espère »

V 3 « Et je vole au plus haut des cieux, et je gis à terre. »

DB : « Je fuis l’amour, et le suis à la trace » (traduit l’aveuglement de l’amant)

« Je veux courir et jamais me déplace »

+ des oxymores, surtout chez DB :

« Je prends plaisir au tourment »

« L’obscur m’est clair, et la lumière obscure »

« Ce vieil enfant »

– des hyperboles :

Ex : P v 2 « je brûle et je suis de glace »

Réécriture de vers chez Du Bellay (v 6) et chez Louise Labé (v 1et 2). Chez cette dernière l’image est plus retravaillée.

Donc tous présentent l’amour comme un sentiment dual et douloureux.

2 – Quelles divergences notez-vous.

Le vocabulaire est plus masculin chez Pétrarque. Métaphore militaire, évocation de la guerre (fréquente dans la poésie amoureuse) :

V 1 « Nulle paix, pas de guerre »

A cela s’ajoute le champ lexical de la mort, du meurtre.

La grande différence entre Labé et Pétrarque réside dans la mention de l’autre, de l’être aimé. Labé n’en dit rien.

P derniers vers : « En cet état je suis, Madame, pour vous »

IL s’agit de Laure, la jeune fille, à laquelle il semble adresser le poème. On perçoit ici l’influence de l’amour courtois (ou fin’amor).

Du Bellay évoque également l’aimée : « et requiers votre grâce »/ « Vôtre je suis ».

Le poème de Pétrarque semble plus abstrait car il ne présente aucune évocation physique ou corporelle contrairement à Louise Labé (platonisme chez Pétrarque).

Louise Labé semble par ailleurs insister davantage sur l’inconstance de l’amour. Du Bellay comme Pétrarque évoquent une certaine responsabilité de l’amant dans sa douleur et dans son aveuglement. C’est davantage une servitude volontaire :

P « Je me repais de ma douleur »

DB « Cruel me suis » « Je prends plaisir au tourment ».

L’amant recherche cette situation alors que chez Louise Labé il semble que l’amant soit le jouet.

Lecture du texte de Catulle :

On constate que ce thème de m’amour passion qui aveugle, qui constitue une folie, existe déjà dans la poésie antique : « Infortuné Catulle, mets un terme à ta folie ». On rencontre déjà l’image de la Cruelle, pour évoquer celle qui ne veut pas répondre favorablement à son sentiment.

Toutefois, il s’agit souvent dans l’Antiquité de rompre avec les passions, de s’en dégager : motif de la rébellion de l’amant.

Par ailleurs, si ce texte laisse entendre que l’amour peut être plaisir et douleur, il s’agit de deux états successifs et non simultanés.

Qu’appelle-t-on le pétrarquisme ?

Terme de critique littéraire désignant l’ensemble des œuvres et des courants littéraires, italiens et européens, influencés par le Canzionere de Pétrarque. Au XVe siècle, le pétrarquisme est un phénomène essentiellement italien, limité à la poésie de cour et caractérisé par une imitation superficielle des métaphores les plus fréquentes chez Pétrarque. Au début du XVIe siècle, grâce à l’italien Bembo, le Canzionere devient, pour lui et pour de nombreux poètes et poétesses soucieux d’harmonie et de perfection formelles, un modèle de vie autant que de poésie. Le pétrarquisme de Bembo se diffuse tardivement dans l’Europe du XVIe siècle, alors que les procédés de Tebaldeo et de Serafino Aquilano font fureur en France à l’époque de Maurice Scève et de Marot et dans l’Angleterre de T. Wyatt et de H. H. Surrey. Par l’intermédiaire de la Pléiade, enfin, le pétrarquisme a contaminé durablement toute la poésie élisabéthaine jusqu’à Shakespeare. En Espagne, au contraire, le pétrarquisme est né, dès le XVe siècle, d’une imitation directe de Pétrarque, avec Iñigo Lopez de Santillana, avant d’être marqué au XVIe par l’influence de Sannazaro. Au XVIIIe le pétrarquisme connut encore une brève survie académique dans le sillage de l’Arcadie, tandis qu’au début du XIXe c’est la poésie même de Pétrarque qui renaît dans les Chants de Leopardi.

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