Fiche sur l’ Objet d’étude : Les réécritures

Les objectifs de cet OE sont : de faire comprendre que l’écriture suppose des modèles, des références que l’on imite, déforme … que l’on s’approprie. Il s’agit également de sensibiliser aux questions de style et d’approfondir la connaissance des genres et des registres. Il s’agit enfin de développer chez l’élève une pratique d’écriture liée à l’écriture d’invention.

Réfléchir aux réécritures, c’est cerner les choix opérés par les auteurs, en établissant aussi des relations avec le contexte littéraire, historique et philosophique de leur époque. C’est également comprendre l’infinie circulation des textes. Les réécritures peuvent suivre un principe d’imitation mais aussi un principe de recherche de l’écart.

L’intertextualité : la perception par le lecteur des rapports entre une œuvre et d’autres qui l’ont précédée ou suivie. Elle transcende (dépasse) les frontières des genres et de l’histoire.

Un hypotexte : texte source

Un hypertexte : est une réécriture

L’imitation : le texte doit approcher de l’idéalité du modèle. Elle suppose souvent une esthétique de la contrainte et de la difficulté (cf. La Renaissance et la Pléiade).

Le plagiat : reprise quasi intégrale de l’hypotexte, copie condamnée par la loi

La citation : reprise exacte intercalée dans un discours avec une référence explicite ou non (elle peut venir étayer une thèse, une idée).

Une allusion : est une référence à un texte, un clin d’œil. Peut s’appuyer sur la complicité du lecteur ou du moins la rechercher.

La transposition : il peut s’agir d’une transformation générique ou d’un changement de registre.

L »amplification: réécriture qui repose sur la multiplication des personnages, des péripéties

La réduction: réécriture qui consiste à réduire, à rechercher la concision (exercice de résumé par exemple).

Le centon ou le collage : étymologiquement, le centon = « habit fait de divers morceaux ». On parle de centon en littérature pour désigner un assemblage de plusieurs morceaux de vers empruntés à des auteurs différents (une sorte de mosaïqués de citations)

Changement de point de vue : exercice de transposition essentiellement lié au genre romanesque. On reprend une même scène sous l’angle d’une subjectivité nouvelle (un personnage différent).

Le burlesque (travestissement burlesque) : registre qui permet la transposition d’un sujet noble en style plus vulgaire. Dégradation opérée sur un mode héroïque ou épique.

Un mythe : récit fabuleux transmis par la tradition, et qui contrairement à la légende a une portée universelle. Les mythes s’organisent souvent en cycles, qui forment à leur tour de vastes ensembles, des MYTHOLOGIES, qui fondent l’imaginaire.

Un palimpseste : est un parchemin manuscrit dont on a effacé la première écriture pour pouvoir écrire un nouveau texte. L’analyse littéraire fait un usage imagé du terme pour désigner une œuvre d’une œuvre antérieure

Un pastiche : imitation d’un style, d’une manière d’écrire. Le pastiche comporte souvent une dimension comique.

Une parodie : imitation burlesque d’une œuvre sérieuse. Transformation ludique, comique ou satirique.

Le pastiche et la parodie supposent un lecteur complice.

Une suite : prolongement apporté à une œuvre.

Une traduction : dans la mesure où elle ne peut jamais être absolument fidèle, on considère que toute traduction est une récriture.

Un topos : un motif, un thème fréquemment rencontré

Un mythème : récurrence thématique ou formelle (trait caractéristique d’un récit mythique).

Quelques citations :

« Tout livre pousse sur d’autres livres, et peut-être que le génie n’est pas autre chose qu’un apport de bactéries particulières ». Julien Gracq Préférences

« Tout texte se situe à la jonction de plusieurs textes, dont il est à la fois la relecture, l’accentuation, la condensation, le déplacement… » Julia Kristeva

« Tout texte se construit comme une mosaïqué de citation, tout texte est absorption et transformation d’un autre texte ». Julia Kristeva

« toute écriture se situe toujours parmi les œuvres qui la précédent » Julia Kristeva (pour elle, le texte est une « combinatoire »).

« tout texte est un intertexte » Roland Barthes

« Nous ne faisons que nous entregloser. » Montaigne

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