Le sonnet :

« Parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense » Baudelaire

C’est une forme fixe importée d’Italie vers 1538, début de la Renaissance, par Clément Marot et Mellin de St-Gelais. Cette forme est, en effet, empruntée à la littérature italienne et notamment à la poésie lyrique de Pétrarque, autour du Canzoniere. Cette forme fut mise à l’honneur par la Pléiade. On appelait les 2 quatrains : le front, et les 2 tercets, la queue.

Le sonnet régulier ou sonnet français:

Le sonnet est composé de 14 vers, d’abord des décasyllabes, puis souvent des alexandrins. Ces vers sont répartis en 2 quatrains à rimes embrassées (abba), sur 2 rimes et un sizain, correspondant à un distique (groupement de 2 vers rimant ensemble – cc- et formant une unité indépendante), suivi d’1 quatrain à rimes croisées (dede). Attention : la typographie divise artificiellement ce sizain en 2 tercets.

Autres schémas rimiques : Italien : abba-abba-ccd-eed ou marotique.

Cette forme connut de nombreuses variantes, notamment pour les tercets (ex de tercets à 2 rimes seulement).

Cette forme est, sans conteste, celle qui connut le succès le plus durable en France. Boileau dans son Art poétique (1674), l’attribue au dieu Apollon. Oublié quelque peu dès la fin du XVII°, elle est remise à l’honneur par certains romantiques dès 1835, mais aussi par Baudelaire.

A propos de quelques variantes :

– le sonnet élisabéthain ou shakespearien : 3 quatrains à rimes croisées suivis d’un distique final. On le rencontre en France chez un poète comme Mallarmé.

– Le sonnet polaire : encadrement des tercets par les quatrains

– Le sonnet alterné : alternance des quatrains et des tercets

Jacques Roubaud, au XX°, dans son recueil E invente 2 nouvelles formes de sonnets :

– le sonnet en prose : fondé sur 4 verset (les 2 premiers étant un peu plus longs que les 2 derniers)

– le sonnet de sonnets : 1 suite de 4 sonnets, 1 blanc, nouvelle suite de 4 sonnets, 1 blanc, suite de 3 sonnets, 1blan et dernière suite de 3 sonnets.

Jacques Bens, membre de l’OULIPO (L’Ouvroir de Littérature Potentielle) invente lui le sonnet irrationnel : poème de 14 vers dont la structure s’appuie sur le nombre P soit 5 strophes de 3-1-4-1-5 vers, ce qui correspond aux cinq premiers chiffres significatifs de p : 3,1415.

Notes :

La Renaissance : période historique caractérisée par un mouvement de retour à la culture antique qui s’est développé en Europe du XIV°s en Italie aux XVI° en France, ceci en réaction à la culture du Moyen âge.

Joachim du Bellay (château de la Turmelière, Maine-et-Loire, 1522 – Paris, 1560) est un poète français. Il fut le fondateur avec Ronsard du groupe de poètes de la Pléiade.

Joachim du Bellay, naît vers 1522 à Liré, au château de la Turmelière. François Ier est alors roi de France ; c’est la Renaissance, des arts et de la culture en particulier. Issu d’une famille de noblesse ancienne, le jeune Joachim est orphelin très tôt et pauvre.

En 1547, étudiant à l’université de Poitiers, il se lie d’amitié avec Ronsard. Ensemble, ils rejoignent Paris et le Collège Coqueret, où l’helléniste Jean Dorat leur fait découvrir les auteurs de l’Antiquité et ceux de la poésie italienne. Autour de lui se forme les auteurs de la Pléiade. Il perfectionne sa connaissance de sauteurs latins, mais s’intéresse surtout aux grecs et aux Italiens

En 1549, du Bellay signe Défense et illustration de la langue française, inspiré des idées du groupe – défendre le français contre la domination du latin, cultiver les genres nouveaux, enrichir le vocabulaire, etc. L’Olive (1549) est le premier recueil en français de sonnets amoureux (50 dans la 1ère édition, puis 115 dans la seconde en 1550). Du Bellay y évoque une passion amoureuse plus littéraire que réelle (maîtresse idéale, il s’inspire de Pétrarque et de sa passion pour Laure).

De 1553 à 1557, du Bellay devient secrétaire, à Rome, du cardinal Jean du Bellay, cousin de son père et célèbre diplomate. Le poète découvre la ville mythique de l’Antiquité, qui n’est plus que ruines, faste et débauche. Le dégoût et le regret s’emparent du poète, sentiments qui lui inspireront ses plus belles pages.

En 1557, il rentre en France et publie Les antiquités de Rome (32 sonnets), les Divers Jeux Rustiques et Les Regrets(1558). Ces écrits sont reconnus en leur temps et valent à Joachim du Bellay de participer à la vie intellectuelle parisienne.

Mais malade, il s’éteint subitement, à sa table de travail, dans la nuit du 1er janvier 1560. Il est enterré dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, mais sa sépulture a été perdue.

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