Que retenir de la biographie d’Alfred de Musset ?

Musset naît le 11 décembre 1810 dans une famille aisée (petite noblesse) et lettrée. Son père est notamment l’auteur de romans et de récits de voyage. Il reçoit une éducation héritée des Lumières. Il s’avère rapidement doué pour la littérature et il écrit ses premiers poèmes en 1824. A peine âgé de 18 ans, il fréquente les hauts lieux du romantisme : le Cénacle (regroupement d’artistes romantiques créé par Hugo) et le salon de l’Arsenal de Nodier. Ami avec Alfred de Vigny et Sainte Beuve, il côtoie aussi Hugo (mais grande rivalité) et Mérimée. Il n’achève pas ses études de droit et de médecine et mène une vie de dandy (dandysme = courant de mode venu d’Angleterre fin XVIII°. Un dandy recherche l’élégance et le raffinement, mais aussi une certaine affectation de l’esprit et une impertinence) parisien débauché. Il cultive un ton volontiers libre et ironique et fréquente la jeunesse dorée dans les cafés et les salons.

En 1829, il publie 15 pièces en vers, Les Contes d’Espagne et d’Italie, dans lesquelles il se démarque du romantisme et de ses excès (il rompt notamment avec « la couleur locale fabriquée à partir de livres). Cette publication lui permet d’accéder à la notoriété et d’être apprécié comme un poète talentueux et fantaisiste. Pourtant, il souffre de ne pas se sentir pleinement reconnu alors qu’il s’essaie au théâtre et dans le journalisme. Il reste en effet meurtri par l’échec, au théâtre de l’Odéon, de sa 2ème pièce, La nuit vénitienne (comédie en un acte) retirée de l’affiche dès la 2nde représentation. Il décide alors d’oublier les planches, de se libérer des contraintes scéniques et d’écrire des pièces à lire, publiées dans la Revue des deux mondes (ce qui est une grande originalité). Il est ainsi l’auteur de Un caprice, A quoi rêvent les jeunes filles, Lorenzaccio, André Del Sarto, Les caprices de Marianne, Fantasio, On ne badine pas avec l’amour, pièces qui se déroulent fréquemment en Italie, réunies dans le recueil Un spectacle dans un fauteuil en 1834. Il se tient à l’écart des romantiques et de la politique.

Parallèlement, il connaît dès 1833 une liaison passionnée et tumultueuse avec l’écrivain Georges Sand avec laquelle il se rend en Italie (= amants terribles). Sand fut sa muse, notamment pour Lorenzaccio jusqu’à leur rupture définitive en 1835. D’une manière générale, Musset qui affirmait être « né trop tard dans un monde trop vieux », multiplie les histoires d’amour malheureuses (avec la comédienne Rachel, Louise Colet…) et les expériences de souffrance. Nombre de ses œuvres sont teintées de son désenchantement (mal du siècle propre aux romantiques aussi) et de son amertume (cf. Confession d’un enfant du siècle, roman autobiographique publié en 1836).

De 1835 à 1838 il écrit le cycle poétique des Quatre nuits (empreint de lyrisme romantique). Il s’essaie aussi à la nouvelle (Emmeline, Les deux maîtresses) et au conte (ex : Mimi Pinson). En 1840 il publie ses Poésies complètes et ses Comédies et proverbes. A partir de 1847, son théâtre est enfin mis en scène au Théâtre Français, mais Lorenzaccio ne sera jouée qu’en 1896 dans une version modifiée et tronquée.

A partir de 1838, il connaît une fin de vie difficile. Il doit accepter un emploi de bibliothécaire dans différents ministères pour survivre, tandis que la maladie l’alcoolisme et les problèmes matériels le rongent. Il est cependant élu à l’Académie Française en 1852. Il meurt à Paris le 2 mai 1857.

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