Synthèse sur le genre dramatique

Le théâtre est un genre littéraire particulier. Il est caractérisé par une situation de double communication, on parle de double énonciation (le théâtre est à ̀la fois un texte lu, mais aussi un art représenté sur scène et qui est vu par un spectateur, = un art vivant). Il se caractérise aussi par sa double partition: celle du texte et celle de la représentation (théorie d’Anne Ubersfeld).
Définition : du grec « théômai » (« regarder »), le théâtre est avant tout un spectacle dans lequel des acteurs donnent vie aux personnages et agissent devant un public. Un texte de théâtre se présente généralement en actes (parfois en tableaux), découpés en scènes, composées de dialogues et de didascalies qui apportent des informations en vue de la mise en scène. Le terme grec « théatron » désigne à l’origine le lieu où se tenaient les spectateurs

On parle aussi de genre dramatique/ d’art dramatique, du grec « drama » qui signifie geste, action.

I – Le lexique du théâtre:

La didascalie : indication scénique qui donne les informations nécessaires pour le lecteur mais aussi pour les professionnels du théâtre (metteur en scène, acteurs, accessoiristes, etc): elles permettent de connaître le nom des personnages, les divisions en actes et en scènes, les précisions spatio-temporelles, les gestes (importance du langage corporel) et toutes les indications de mise en scène données par l’auteur.

La réplique : = chaque prise de parole, réponse d’un personnage à ̀un autre.
La tirade : c’est une longue réplique qui a pour but de convaincre, de persuader, d’expliquer ou d’avouer. Elle se différencie du monologue par la présence sur scène d’autres personnages. Elle est adressée à un personnage.
L’aparté́ : un personnage prononce des propos, en présence d’autres personnages, que seul le public entend, ce qui provoque un effet comique et favorise la complicité avec le public. Il se distingue du monologue par sa brièveté. Il se conçoit aussi davantage comme un dialogue direct avec le public qu’il prend à témoin. Il favorise le mensonge et signale au public la véritable intention du personnage. Il peut aussi permettre au personnage d’énoncer un jugement ou un commentaire sur un autre ou sur la situation.

Le monologue (soliloque) : une longue tirade dite par un personnage qui s’adresse à lui-même et au public, seul sur scène. Il permet au personnage de faire le point sur sa situation, sur la difficulté qu’il éprouve pour communiquer ou pour exprimer des hésitations quant à une décision qu’il doit prendre (on parle alors de monologue délibératif). Il peut aussi faire le point sur ses sentiments.
Le quiproquo : incompréhension, malentendu qui survient dans un échange de paroles. Chaque personnage interprète mal ce que dit l’autre. Erreur qui consiste à prendre une chose pour une autre.
La stichomythie : répliques courtes qui peuvent parfois être violentes et qui forment un échange rapide, rythme. Elle intervient fréquemment dans les scènes de disputes, les scènes ou les émotions l’emportent.
Le « coup de théâtre » : péripétie inattendue qui constitue un renversement de situation ; cela crée un effet de surprise dans le public.

deus ex machina» : expression latine qui désigne un événement dont l’intervention peu vraisemblable résout comme par miracle les problèmes que rencontre le personnage.
Dramaturge : auteur de pièces de théâtre.
Théâtre dans le théâtre : lorsque dans une pièce, les personnages se mettent à jouer la comédie, à interpréter un autre rôle. Mise en abyme qui confère à la pièce une dimension spéculaire. On parle alors aussi de métathéâtre.

accessoires: objets scéniques à l’exclusion des décors que les acteurs utilisent ou manipulent au cours de la pièce. Il peut s’agir d’objets-métaphores ou de métonymies (ex : un fauteuil peut signifier le pouvoir). Il fait toujours réfléchir à la fonction de l’objet.

acte: division ou partie d’une pièce regroupant plusieurs scènes et correspondant à une grande action de l’intrigue (principe de structuration de la pièce). Traditionnellement, les changements d’actes étaient marqués par un baisser de rideau ou un éclairage au noir. On ne changeait de décor qu’à cette occasion.

fable: = intrigue

action: suite d’événements scéniques, ensemble des processus de transformation visibles sur scène tant au niveau de l’intrigue que de la psychologie et de la morale des personnages.

distribution: liste des personnages

agon: correspond à un dialogue conflictuel

aire de jeu: portion de l’espace dans laquelle évoluent les acteurs. A l’origine = un espace symbolique invisible infranchissable par le public (séparé du public par le 4 ème mur).

antagonistes: personnages en opposition ou en conflit

choeur: dans l’Antiquité groupe homogène de danseurs, chanteurs et récitants (= les choreutes) prenant collectivement la parole pour commenter l’action. Ils représentaient généralement des intérêts moraux ou politiques. Le coryphée = le chef du choeur. Il disparut dans sa forme première en raison de sa dimension artificielle et extérieure au débat. On en trouve des formes renouvelées. Il pouvait dénoncer, avoir une force contestataire, mais il facilitait aussi la fonction cathartique du théâtre.

conventions théâtrales: sorte de contrat tacite passé entre l’auteur et le public afin d’assurer l’illusion théâtrale. Le public feinte de croire à ce qu’il voit (ex: aparté, monologue, 4ème mur).

dramaturgie: à l’origine = « l’art de la composition des pièces de théâtre ». Le terme concerne désormais à la fois le texte et les moyens scéniques de la mise en scène. C’est l’ensemble des matériaux textuels et scéniques, des choix esthétiques et idéologiques permettant de dégager les significations de la pièce.

le scénographe: assiste le metteur en scène dans l’élaboration d’une sorte de langage « pour l’oeil » qui soutienne le sens de la pièce.

espace dramatique: est l’espace dont parle le texte (ex : l’appartement de Serge/ l’Espagne dans le Cid ). L‘espace scénique est l’espace réel où jouent les acteurs (= la scène). L’espace scénographique (ou théâtral) = la résultante des deux autres. C’est l’espace visible par le spectateur.

la scénographie: la disposition des espaces, leur organisation. Mais c’est aussi l’art d’orner le théâtre. On peut parler d’écriture de l’espace.

gesamtkunstwerk: sorte d’art total , fusion entre plusieurs arts comme la musique, la danse, la peinture, la sculpture, l’architecture, etc…

gestuelle: manière de bouger, style de jeu.

hors-scène: correspond à un espace non montré, à la réalité qui se déroule et qui existe en dehors du champ de vision du spectateur. Il permet au XVII° de respecter la règle de bienséance (pas de mort sur scène, pas de sang versé). Pour le suggérer on peut utiliser un dispositif sonore par exemple

illusion théâtrale ou dramatique: principe d’effet de réel. Processus qui permet au public de prendre pour vrai ce qui n’est que fiction.

la kinésique: en lien avec le geste. Science de la communication par le geste et l’expression faciale.

le metteur en scène: personne chargée de la réalisation d’un spectacle, de sa représentation. Il en assume la responsabilité esthétique et organisatrice. Il propose son interprétation de la pièce. Le régisseur est chargé de l’organisation matérielle de la représentation.

la mimésis: l’imitation ou la représentation d’une chose. Au théâtre = imitation de l’action.

un praticable: partie du décor constitué par des objets fonctionnels permettant des effets scéniques (ex partie de la scène qui se soulève)

quatrième mur: mur imaginaire séparant la salle de la scène. Il fait du public des voyeurs. Nombre de dramaturges jouent avec ce 4ème mur et le franchissent, le brisent pour impliquer différemment le public ou exhiber les ficelles du théâtre.

le ressort dramatique: mécanisme qui commande l’action, organise le sens de la pièce.

 

II – La structure traditionnelle d’une pièce:

1) L’exposition: occupe le plus souvent la (ou les) premières scène(s). Elle a une fonction informative: donne toutes les informations nécessaires à la compréhension de la situation : les lieux, l’époque, les personnages, leur classe sociale, l’intrigue. Elle renseigne également sur le genre de la pièce. Elle doit en outre assurer une mission de séduction et doit donc d’efforcer d’être relativement dynamique.

2) Le nœud dramatique: C’est le moment où les obstacles apparaissent. Il permet d’enchaîner les péripéties et les coups de théâtre, ainsi que des retournements de situation.

3) L’intrigue: Elle regroupe toutes les péripéties qui font progresser l’action ou la ralentissent.

4) Le dénouement: Il occupe la plupart du temps les dernières scènes. Il permet de résoudre le nœud dramatique et marque la fin de l’action.

 

III – La mise en scène:

La mise en scène est constituée de différents éléments : l’interprétation du texte, le jeu des comédiens, les costumes, les accessoires, l’exploitation de la scène (de l’espace), les lumières, le décor…Tous ces éléments sont signifiants et correspondent à une volonté. Ils viennent compléter la partition du texte et constituent la partition de la représentation. De la sorte, la mise en scène constitue une oeuvre d’art à part entière. Le metteur en scène est un artiste et non un simple exécutant du dramaturge.

Cette notion de mise en scène est récente (XIX°). Cela est dû en partie aux évolutions techniques des moyens de représentation.
1) L’interprétation du texte : Le metteur en scène, comme tout lecteur, a sa propre vision de la pièce (perception des personnages, de leur psychologie…). Sa compréhension de la pièce conditionne la façon dont il va construire sa mise en scène.
2) Le jeu des comédiens: A partir des indications données par l’auteur dans les didascalies, le metteur en scène doit représenter leur jeu. Le metteur en scène décide du déplacement des personnages sur scène, de leur gestuelle, des émotions qu’ils vont traduire (tristesse, amour, peur, folie…). Ce jeu est plus ou moins guidé par le metteur en scène. Certains laissent plus de liberté d’interprétation que d’autres à leurs comédiens.

3) Les costumes :Ils ont une importance primordiale au même titre que le décor. Ils ont pour fonction d’informer le spectateur sur : l’époque, le milieu social, le caractère des personnages.
4) Le décor et les lumières : De même que les costumes, le décor, les accessoires et le jeu des lumières jouent un rôle important pour situer l’action de l’histoire de la pièce d’un point de vue historique et social.

On peut donc parler d’une action totalisante permettant la mise en espace du texte (écriture scénique), la mise en accord des différentes composantes de la représentation et la mise en évidence du sens. Le texte n’apparaît plus comme le lieu clos d’une seule interprétation possible. Au contraire il opère comme une invitation à rechercher ses nombreuses significations. Ainsi, le metteur en scène n’exploite pas forcément les didascalies en présence dans le texte. Il peut transposer l’intrigue dans un autre contexte socio-temporel par exemple.

 

IV – Histoire et évolution du genre dramatique:

  1. A) Le théâtre antique
    Dans l’Antiquité, il s’apparente à un rite religieux en hommage à Dionysos, dieu de l’ivresse. Il a aussi une dimension politique : en Grèce, les représentations sont organisées par les magistrats. A Rome, elles sont organisées par les hommes politiques ; elles sont aussi financées par de riches citoyens. Les thèmes traités sont empruntés à l’actualité de façon à ce que le théâtre soit aussi un outil pédagogique pour le peuple. En Grèce, les pauvres perçoivent même une rémunération s’ils assistent au spectacle. Dramaturges antiques : Sophocle, Euripide (Grecs) ; Plaute, Sénèque le Jeune (Romains). La dimension religieuse disparaît progressivement et les Romains y voient davantage un divertissement. C’est en Grèce qu’Aristote, philosophe du 4ème siècle avant J-C théorise les grandes règles de la tragédie et de la comédie dans un ouvrage intitulé La Poétique. A l’époque les rôles féminins sont joués par des hommes et les citoyens n’ont pas le droit de devenir acteurs.
  2. B) Le théâtre du Moyen-âge et du XVI°s
    Le théâtre du M-A est également lié au culte religieux. La représentation se faisait en latin, le plus souvent dans des églises et les religieux faisaient la plupart du temps office d’acteurs. Les « mystères » sont des pièces d’inspiration religieuse, qui peuvent se poursuivre jusqu’à 4 jours. On représente aussi des miracles ou des pièces s’intéressant à la vie des Saints. Les textes sont composés en vers que jouent parfois plus de deux cents acteurs. Les « farces» sont des pièces profanes (non religieuses) qui apparaissent au XIII°s. Ce sont des pièces écrites pour faire rire le public des villes. Elles mettent en scène des personnages de la vie quotidienne : bourgeois, marchands, maris cocus, femmes aux mœurs légères. Elles critiquent les mœurs de l’époque.
    Au XVI°, le théâtre est marqué par les débuts de la tragédie française avec Jodelle. Il commence à s’inspirer de la commedia dell’arte, le théâtre italien né à Bergame au XVI°s. Il s’agit d’un théâtre où l’improvisation prend une grande place (personnages : Arlequin, Polichinelle, Pantalon…)
  3. C) Le théâtre du XVII°s
    Le XVII°s est le siècle du théâtre.
    Le théâtre baroque : apparaît à la première moitié du XVII°s. Ce dernier remet en cause la distinction entre comédie et tragédie et offre le plus souvent une intrigue particulière ponctuée de multiples péripéties exprimées au moyen de nombreux registres. Les auteurs baroques refusent le langage soutenu : les dialogues deviennent de plus en plus libres et brutaux. Les scènes sont particulièrement meurtrières et sanglantes. L’illusion et le rêve sont des constantes majeures du théâtre baroque.
    Dramaturges baroques : Calderon,
    Le théâtre classique : la deuxième moitié du XVII°s.
    La tragédie est considérée comme le genre noble par excellence. Elle met en scène des personnages illustres confrontés à des forces qui les dépassent. Elle est soumise à des règles strictes propres au classicisme et se référant à la tradition d’Aristote. La comédie représente des personnages et des situations beaucoup plus communs. Sa fonction est de faire rire et de corriger les mœurs.

La tragicomédie : La tragi-comédie se situe entre la tragédie et la comédie, elle apparaît dès le XVII°s. Ex de tragi-comédie: L’Illusion comique de Corneille (1635).
D) Le théâtre du XVIII°s

Au XVIII°s, la comédie s’inscrit dans l’élan contestataire du siècle. Grâce au théâtre, on critique les privilèges: Le Mariage de Figaro (1784) de Beaumarchais. On s’interroge sur la relation maîtres et valets, comme dans L’île des esclaves de Marivaux (1725). Les pièces s’orientent aussi vers l’analyse psychologique des personnages et de leurs sentiments. On voit naître le drame qui remet en cause la bi-partition comédie/ tragédie (drame bourgeois de Diderot). Parallèlement, on jour beaucoup de pièces néo-classiques.

  1. E) Le théâtre du XIX°s
    Le XIX°s offre aussi une production théâtrale très riche, notamment avec le drame romantique durant la première moitié du siècle. Le drame romantique s’oppose à la tragédie classique. Le contexte historique complexe de cette période provoque un besoin de liberté : on s’affranchit des règles classiques (règle des trois unités : temps (24h), lieu (un seul) ; on conserve l’unité d’action : une seule intrigue principale).
    C’est Hugo qui fixe la théorie du drame romantique dans la préface de sa pièce Cromwell (1827).
    Le drame romantique permet de jongler avec les registres, d’adopter différents niveaux de langage… Drames romantiques : Hernani de Hugo (1830), Lorenzaccio de Musset (1834).
    – Autres genres dramatiques de l’époque : vaudeville (comédie légère où quiproquos et rebondissements ponctuent la vie des personnages, souvent confrontés à l’adultère. Ex : pièces de Labiche) ; le théâtre de boulevard (qui met en scène de façon comique la vie bourgeoise).
    F) Le théâtre du XX°s
    Au XX°s, les conventions et le langage théâtral ne répondent plus aux modèles traditionnels même si quelques auteurs reprennent les mythes antiques.Le théâtre du XX°s est plus que jamais soucieux de délivrer un message et veut jouer un rôle primordial dans la réflexion sur la nature humaine.

Le théâtre de l’absurde : Les années 50’s voient naître un nouveau théâtre à la tonalité à la fois tragique et comique. Il s’inscrit

dans la lignée du « Nouveau Roman »,qui apparaît après la 2nde Guerre Mondiale. Aucune règle n’est prise en compte, pas même celles du langage, décousu pour signifier l’impuissance de l’homme, sa solitude, sa vie tragique. Les héros deviennent des antihéros évoluant souvent dans le dénuement : ils ne sont plus illustres, mais peuvent être des clochards ou des êtres ordinaires. Le théâtre de l’absurde est une réflexion sur la condition humaine et sur les limites du langage humain.Dramaturges de l’Absurde : Samuel Beckett (Fin de partie,1957) ; Eugène Ionesco (Rhinocéros, 1959).
L’adaptation des mythes (réécritures): Une partie de la production théâtrale du XX°s reprend les thèmes de l’Antiquité pour les adapter aux circonstances historiques. Les mythes sont des récits à caractère sacré qui révèlent une vérité.
Ex : Antigone (1944) de Jean Anouilh montre les problèmes posés par la revendication de la liberté, elle s’impose comme l’incarnation de toute résistance à la tyrannie. La Guerre de Troie n’aura pas lieu (1935) de Jean Giraudoux met en scène des personnages de l’Illiade (Homère) pour dénoncer l’absurdité de la violence. Ecrite entre les deux guerres mondiales, cette pièce est aussi le reflet de la situation en Europe à cette époque.

On parle parfois d’antithéâtre: terme qui désigne une dramaturgie et un style de jeu qui nient tous les principes de l’illusion théâtrale. Le terme apparaît vers 1950 avec les débuts du théâtre de l’absurde (Ionesco par le d’antipièce pour La cantatrice chauve).

V – Les grands genres du théâtre:

A – la tragédie et le registre tragique

A l’origine grecque, la tragédie met en scène des personnages et un chœur (groupe de personnes qui déclament en dansant des vers destinés à présenter ou à commenter l’action. La tragédie antique s’inspire des mythes ou d’événements historiques. Elle met en scène des personnages confrontés à leur destin, auquel ils ne peuvent pas échapper (forces supérieures qui les dominent). La tragédie doit inspirer pitié et terreur. Le spectateur doit pouvoir se libérer de ses passions grâce à ce qu’il appelle la catharsis (le spectacle de la violence et des passions négatives permet au spectateur de s’en libérer).

La tragédie classique :

Les tragédies classiques les plus connues sont Andromaque (1667); Britannicus (1669) et Phèdre (1677) de Jean Racine.

Les règles :
La tragédie classique doit comporter 5 actes. L’acte I est celui de l’exposition, les actes II, III et IV servent l’action ; l’acte V est le dénouement. La règle des 3 unités : l’unité de temps (l’action se déroule en 24h entre le lever et le coucher du soleil) ; l’unité de lieu (en un seul lieu) et l’unité d’action (une seule intrigue principale). A cela s’ajoutent le principe de vraisemblance et le respect des bienséances.
Le registre tragique :
Le tragique renvoie aussi à une situation violente que l’homme ne peut changer. Le tragique est lié à la mort et au temps qui passe. Le tragique s’exprime par des contradictions, des dilemmes qui trouvent une issue le plus souvent dans la mort.

B – La comédie et le registre comique:

La comédie prend sa source dans l’Antiquité. Elle est elle aussi liée au culte de Dionysos. La comédie antique n’est pas mise en scène comme la tragédie, elle ne comporte ni chœur, ni coryphée (chef du chœur). Les acteurs représentent des personnages issus de différents milieux sociaux (esclaves, courtisanes, amants…) facilement reconnaissables à leurs costumes et à la couleur de leurs perruques. Elle a pour but de corriger les mœurs par le rire : « castigat ridendo mores ».

Dès le XVI°s, elle est marquée par l’influence de la commedia dell’arte.
Le XVII°s apparaît comme un modèle en matière de comédie avec les pièces de Molière (1622-1673). Elle s’affranchit peu à peu des codes imposés au théâtre, même si la structure en cinq actes est encore d’actualité dans certaines pièces de Molière.
Le dénouement est toujours heureux : les méchants sont punis, les bons récompensés. Les personnages sont, pour la plupart, issus de milieux bourgeois, ce qui transparaît dans leurs préoccupations : l’argent, la santé… Le souci de vraisemblance est presque toujours respecté.
Le registre comique :
Ce registre est par définition ce qui provoque le rire. Il n’est pas propre au théâtre. Le comique naît d’un effet de décalage, de situations étonnantes et d’un effet de répétition.
6 grands types de comique : le comique de langage (jeux sur les mots, quiproquos), le comique de caractère (le personnage est caricatural), le comique de mœurs (on critique le ridicule des mœurs de l’époque), le comique de situation (la situation fait rire), le comique de gestes (gestuelle fait rire), le comique de répétition. Autres procédés : l’ironie, la satire, la parodie, la caricature…

 

 

 

 

 

 

Publicités