ecture complémentaire : extrait du Prince de Machiavel, « Comment les princes doivent tenir leur parole », 1513

Machiavélisme = système politique développé par Machiavel. Exercice du pouvoir politique sans scrupule moral. Par extension : ligne de conduite guidée par la ruse, la perfidie, la mauvaise foi.

1 – Quel est l’enjeu de ce début de chapitre ? Quelle thèse est défendue par l’auteur ?

L’enjeu de ce début de chapitre est d’introduire l’idée que la raison d’Etat peut justifier que le prince ne tienne pas parole.

Machiavel défend l’idée que le prince peut, et doit, recourir à la ruse pour régner.

2 – Dégagez les grandes étapes du raisonnement de Machiavel :

– on pense qu’il est bon que le prince soit intègre et fiable et qu’il n’abuse pas ses sujets.

– Or l’expérience a offert de nombreux exemples de princes qui ont accomplis plus de grandes choses que les autres grâce à la ruse et à la tromperie.

– Il oppose alors deux façons d’affronter les difficultés : celle des hommes, selon les lois ; et celle des bêtes, par la force. Or la première est souvent insuffisante.

– Ceci explique pourquoi le prince est contraint de conjuguer les deux, ainsi que l’évoquaient déjà les Anciens (argument d’autorité ici).

– Le prince est alors mi-homme, mi-bête. Cette idée est soutenue par le recours aux deux métonymies animalières du renard et du lion qui désignent la ruse et la force.

– La ruse est la qualité essentielle d’autant que la peuple, souvent crédule, se laisse aisément tromper.

3 – Quel rôle joue la référence à l’animalité dans cette argumentation ? Quelle image de l’humanité se trouve ici privilégiée ?

La référence à l’animalité place le prince hors du monde des hommes. De cette façon il peut échapper à leurs lois. Elle renchérit aussi l’idée de sa puissance, de l’étendue de son pouvoir qui ne connaît pas de limites. Enfin ces métonymies illustrent le propos de Machiavel et le rendent plus aisément compréhensible.

L’image de l’humanité ainsi privilégiée est celle d’une humanité dénaturée, dévoyée : méchante : les hommes « sont méchants », mais aussi crédules.

4 – Quelles sont les qualités essentielles du prince selon Machiavel ?

Les qualités essentielles sont la ruse et la force. La ruse repose sur une sorte d’intelligence des situations. Le prince est ainsi un comédien, un hypocrite politique ainsi que le suggèrent les termes « grand simulateur et dissimulateur ».

A cela vient s’adjoindre la force.

5 – Quels sont les éléments pouvant justifier la réputation d’immoralité de Machiavel ?

Il fait l’apologie de la ruse et du mensonge ainsi qu’en témoignent les nombreux termes appartenant à ce champ lexical : les mots de la famille de ruse et tromper interviennent à plusieurs reprises.

Il oppose ce mensonge nécessaire au champ lexical de la loyauté et de la parole tenue.

Il présente le recours à la force et à la ruse comme une nécessité. De nombreuses propositions s’ouvrent sur les expressions verbales « il faut » « il doit » ou « il est nécessaire » : cf. L 8, 9, 14, 16, 17. Il légitime le mensonge et la tromperie. Il invite le prince à endosser le costume d’hypocrite, à agit selon son intérêt (L 20).

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