Le XVIIème

Le XVII° en littérature commence en 1598 (Edit de Nantes) et s’achève en 1715 à la mort de Louis XIV. Le siècle est marquée par deux tendances : le baroque et le classicisme, qui connaît son apogée en 1660-1680, période où s’impose l’idéal de l’honnêteté. Le classicisme est un courant typiquement français, contrairement au baroque qui est européen. Depuis la fin du XVI° la France, mais aussi l’Europe, connaît une vaste période de troubles qui va modifier les sensibilités : guerre de trente ans, chocs des impérialismes (notamment France et Espagne), guerres de religion, conflits des ambitions personnelles (entre le roi et les grands seigneurs notamment). Ces troubles secouent l’Europe jusque vers 1648. A cela s’ajoute des famines, la peste et autres épidémies, des hivers rigoureux et des problèmes économiques. Certains y voient la manifestation de la colère divine. Les hommes en retirent un sentiment d’instabilité (spectacle quotidien de la mort violente), une perte des repères (accentuée par les récentes découvertes scientifiques et géographiques). Ils éprouvent le sentiment de la fragilité de la vie ainsi que le désir d’affirmer leur foi et leurs haines même par la violence (c’est même une source d’inspiration pour des écrivains baroques comme Sponde ou d’Aubigné).

Quelques dates :

– 1572 : Saint Barthélémy

– 1598 : Edit de Nantes qui accorde la liberté de culte aux protestants ainsi que l’égalité politique avec les catholiques (paix sociale menée par Henri IV).

– 1615 : assassinat d’Henri IV et nouvelle période de troubles. Louis XIII étant encore trop jeune pour régner, c’est sa mère Marie de Médicis qui assure la Régence avec Concini. Louis XIII affrontera sa mère ensuite, ainsi que l’armée des Princes.

– Vient ensuite Richelieu et le siècle de Louis XIII commence. Il s’agit de créer un état fort par la répression. Richelieu aura une importante influence sur le monde des arts et des lettres : il crée l’Imprimerie Royale, l’Académie Française, réhabilite les comédiens et permet la création de la Gazette de Théophraste Renaudot, le 1er journal français. Durant cette période se développent des images de grandeur et d’héroïsme (on le retrouve dans les pièces de Corneille), mais aussi le goût pour l’ostentation, le romanesque aux dépens des notions d’ordre, de mesure et d’équilibre qui constitueront les caractéristiques de la période classique.

– 1643 : arrivée au pouvoir de Louis XIV, mais d’abord régence de sa mère Anne d’Autriche aidée de Mazarin, disciple de Richelieu. Ce dernier est impopulaire. C’est aussi la période de la Fronde : opposition des seigneurs au roi. Cependant la France marche vers l’ABSOLUTISME ROYAL.

– 1661 : Louis XIV accède définitivement au pouvoir. Le pays est en paix. Politique de développement économique de Colbert. Le Roi-Soleil fait des 20 premières années de son règne une période forte. Il sait occuper ses grands seigneurs par une vie de cour riche et variée (nombreux spectacles, fêtes somptueuses). Des écrivains sont à la cour : La Fontaine, Molière, Racine, Boileau.. S’imposent des valeurs d’ordre, de bon goût, de mesure et d’harmonie. L’idéal classique atteint sa perfection. Mais le roi évolue sous l’influence notamment de Mme de Maintenon et du jansénisme. De nouveaux problèmes religieux se posent

– 1685 ;: révocation de l’Edit de Nantes qui met fin au rêve d’une société harmonieuse favorable à l’idéal classique. Le classicisme s’éteint mais le baroque ne parvient pas à se revigorer. Les esprits et la littérature s’orientent vers le siècle des Lumières.

La société au XVII° : Elle est nettement hiérarchisée (peuple souvent assimilé à des gens illettrés et grossiers/ noblesse, cour, théoriquement plus cultivée mais influencée par le monde des armes et de la guerre, fait donc preuve de grossièreté dans ses manières/ bourgeoisie souvent instruite et dont l’influence ne cesse de croître). La province perd de son influence. La Cour devient le centre de la vie politique, mais aussi du bon goût et du bel esprit. Les villes de province et les bourgeois de Paris cherchent donc à l’imiter.

L’idéal de l’honnêteté : Né en réaction contre la grossièreté des mœurs et des manières héritées de la cour d’Henri IV. Elle résulte de la prise de conscience de la nécessité de conférer à l’homme une grandeur et une dignité nouvelles (= politesse mondaine). Il est évoqué par Nicolas Faret L’Art de plaire à la Cour, publié en 1630 ou le Chevalier de Méré, Conversation avec le Maréchal de Clérambault, en 1668. Les femmes assurent sa promotion dans les Salons, lieux de rencontre entre la société aristocratique (noblesse) et les beaux esprits. Les romans à la mode et les Correspondances permettent aussi sa promotion. C’est finalement un art de vivre (d’abord pour les courtisans) qui gagne les milieux bourgeois. Il promeut une image de l’homme alliant les qualités de l’âme, du corps et de l’esprit, brillant en société, maîtrisant l’art de la conversation, à l’aide dans les exercices physiques comme dans les subtilités de la galanterie. L’honnête homme sait toujours garder un juste milieu (sens de la mesure). Il est le lecteur idéal et les auteurs écrivent à son intention. Mais c’est aussi un art de paraître.

La langue : Avant la fin du XVI°, la France connaît un régime de diglossie (latin = langue de l’Eglise, des savants et des philosophes, et il donne aux écrits une dimension européenne, tandis que le français est réservé au quotidien). La Pléiade a cherché à développer le français et à le porter vers la littérature. Le classicisme prône une langue dépouillée, sans archaïsmes et sans néologismes, sans provincialismes aussi. On cherche la clarté de l’expression et la vigueur de la pensée. La création de l’Académie Française va jouer un rôle important : elle travaille à donner des règles à la langue, à la rendre pure, élégante et capable de traiter les arts et les sciences. Elle lance aussi l’entreprise du dictionnaire. En 1647, Vaugelas se réfère au bon usage de la Cour, constate les usages, édicte un code de bien parler en accord avec son époque dans ses remarques sur la langue française. On constate un long travail de maturation du français tout au long du siècle. Le français l’emporte sur le latin.

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