Corrigé partiel du commentaire

Lorsque le jeune Rimbaud entre en poésie avec son recueil Les Cahiers de Douai, écrit en 1870, la guerre franco-prussienne dévaste les campagnes françaises. Il évoque ainsi ce conflit dans plusieurs poèmes dont « Le Mal », ou « Les corbeaux ». S’il dénonce alors les ravages de ce conflit sur un mode satirique, il en propose une vision plus originale dans le sonnet « Le dormeur du val » marqué par un lyrisme surprenant. Il s’agira donc de comprendre comment le poète organise son sonnet sur une subtile opposition entre l’évocation d’un spectacle charmant et la réalité cruelle de la mort.

Nous analyserons initialement comment Rimbaud procède à la description lyrique d’un cadre bucolique, puis nous étudierons le contraste opéré avec le portrait du dormeur. Nous nous intéresserons enfin à la façon dont l’effet de chute ménagé par les derniers vers conduit le lecteur à une relecture ironique et polémique du texte.

Le poète procède initialement à la description du cadre, un lieu naturel, sorte de locus amoenus manifestement propice à la sieste. La nature est omniprésente dans le texte, et ce tout particulièrement dans le 1er quatrain, ainsi qu’en témoignent les nombreux termes appartenant au champ lexical de la nature : val, rayons, soleil, cresson, glaïeuls. Elle se caractérise essentiellement par son dynamisme et son mouvement. Les verbes de mouvement comme « accrochant » ou « mousse » créent une impression de vie qui se trouve renchérie par le jeu des enjambements des v 1 et 2 puis 3 et 4, qui cherchent à signifier l’exubérance des différents éléments naturels. La nature est débordante de vitalité. Le foisonnement de la végétation avec la mention des glaïeuls, du cresson, la répétition du mot « herbe » et la prédominance de la couleur verte signifient la vivacité du lieu. Les bruits participent également de cette animation. Ainsi la métaphore du chant de la rivière renchérie par l’allitération en [R] au v 1: « C’est un tRou de veRduRe où chante une RivièRe » ou l’assonance en [an] confèrent une dimension festive à ce petit val. La nature semble véritablement en liesse ainsi que le traduisent aussi les couleurs et la luminosité de l’endroit. Le champ lexical de la lumière abonde avec des termes comme « argent », « soleil » « luit » « rayons » et l’hyperbole « la lumière pleut ». Ce cadre bucolique se révèle donc accueillant et douillet ainsi qu’en témoigne l’image du « lit vert » au v 8. Par cette description, le poète cherche à créer l’image d’un petit coin de paradis frais et resplendissant. Recourant au registre lyrique il semble ainsi proposer un hymne à la nature qui berce le lecteur le temps de quelques vers. Le lieu paraît protecteur, notamment parce que Rimbaud personnifie cette nature avec le verbe « chante » au v1 ou encore l’adjectif « fière » au v 3. Il accorde à la nature des attributs et des attitudes humaines qui rappellent le motif de la mère nature, protectrice s’il en est. Il l’apostrophe d’ailleurs au v 11, lui intimant l’ordre de bercer le jeune soldat. Ce verbe fait écho à l’image du « lit vert » et à la thématique de l’enfance suggérée par des termes comme « jeune » ou « enfant malade ». Le petit val est ainsi présenté comme un berceau propice au repos de ce « jeune soldat », protagoniste qui apparaît au second quatrain et dont l’inertie contraste avec le dynamisme du lieu.

Corrigé partiel du commentaire

Lorsque le jeune Rimbaud entre en poésie avec son recueil Les Cahiers de Douai, écrit en 1870, la guerre franco-prussienne dévaste les campagnes françaises. Il évoque ainsi ce conflit dans plusieurs poèmes dont « Le Mal », ou « Les corbeaux ». S’il dénonce alors les ravages de ce conflit sur un mode satirique, il en propose une vision plus originale dans le sonnet « Le dormeur du val » marqué par un lyrisme surprenant. Il s’agira donc de comprendre comment le poète organise son sonnet sur une subtile opposition entre l’évocation d’un spectacle charmant et la réalité cruelle de la mort.

Nous analyserons initialement comment Rimbaud procède à la description lyrique d’un cadre bucolique, puis nous étudierons le contraste opéré avec le portrait du dormeur. Nous nous intéresserons enfin à la façon dont l’effet de chute ménagé par les derniers vers conduit le lecteur à une relecture ironique et polémique du texte.

Le poète procède initialement à la description du cadre, un lieu naturel, sorte de locus amoenus manifestement propice à la sieste. La nature est omniprésente dans le texte, et ce tout particulièrement dans le 1er quatrain, ainsi qu’en témoignent les nombreux termes appartenant au champ lexical de la nature : val, rayons, soleil, cresson, glaïeuls. Elle se caractérise essentiellement par son dynamisme et son mouvement. Les verbes de mouvement comme « accrochant » ou « mousse » créent une impression de vie qui se trouve renchérie par le jeu des enjambements des v 1 et 2 puis 3 et 4, qui cherchent à signifier l’exubérance des différents éléments naturels. La nature est débordante de vitalité. Le foisonnement de la végétation avec la mention des glaïeuls, du cresson, la répétition du mot « herbe » et la prédominance de la couleur verte signifient la vivacité du lieu. Les bruits participent également de cette animation. Ainsi la métaphore du chant de la rivière renchérie par l’allitération en [R] au v 1: « C’est un tRou de veRduRe où chante une RivièRe » ou l’assonance en [an] confèrent une dimension festive à ce petit val. La nature semble véritablement en liesse ainsi que le traduisent aussi les couleurs et la luminosité de l’endroit. Le champ lexical de la lumière abonde avec des termes comme « argent », « soleil » « luit » « rayons » et l’hyperbole « la lumière pleut ». Ce cadre bucolique se révèle donc accueillant et douillet ainsi qu’en témoigne l’image du « lit vert » au v 8. Par cette description, le poète cherche à créer l’image d’un petit coin de paradis frais et resplendissant. Recourant au registre lyrique il semble ainsi proposer un hymne à la nature qui berce le lecteur le temps de quelques vers. Le lieu paraît protecteur, notamment parce que Rimbaud personnifie cette nature avec le verbe « chante » au v1 ou encore l’adjectif « fière » au v 3. Il accorde à la nature des attributs et des attitudes humaines qui rappellent le motif de la mère nature, protectrice s’il en est. Il l’apostrophe d’ailleurs au v 11, lui intimant l’ordre de bercer le jeune soldat. Ce verbe fait écho à l’image du « lit vert » et à la thématique de l’enfance suggérée par des termes comme « jeune » ou « enfant malade ». Le petit val est ainsi présenté comme un berceau propice au repos de ce « jeune soldat », protagoniste qui apparaît au second quatrain et dont l’inertie contraste avec le dynamisme du lieu.

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